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APPROCHE DE L'IDENTIFICATION À DIEU

Vous êtes réalisé, lorsque vous savez, toute ombre de doute étant dissipée, que vous êtes déjà réalisé, et qu'en fait vous avez toujours été réalisé.
Est réalisé celui qui est uni à la Réalité. Mais en vérité, personne n'est séparé de l'Unique Réalité qui englobe tout. Dans le mental humain apparaît l'illusion d'une séparation, le remède à cette illusion s'appelle Réalisation de l'union mystique.
La Réalisation c'est donc la fin d'une illusion, ce n'est pas l'acquisition d'un état » nouveau. En vous réalisant vous ne devenez pas quelque chose, vous comprenez.simplement ce que vous êtes depuis toujours. Voici pourquoi si l'on vous demande depuis quand êtes-vous réalisé, vous ne pouvez que trouver cette question absurde. Vous avez toujours été ainsi, bien avant l'origine du monde. Vous n'êtes jamais devenu ce que vous êtes. Ce qui s'est produit, au niveau humain, est simplement ceci : vous vous êtes imaginé être non réalisé, c'est-à-dire être autre chose que ce que vous êtes, puis dissipant cette funeste illusion, vous vous êtes Réalisé au niveau humain, ce qui signifie que vous vous êtes rappelé la nature de votre identité véritable.

Ainsi on pourrait dire que la Réalisation correctement comprise n'est pas un Devenir, mais un Rappel.

Il y a eu au niveau humain oubli de la Réalité, puis toujours au niveau humain, il y a eu souvenance de la Réalité.

Une telle définition de la Réalisation peut nous paraître exacte au début de la souvenance transcendante, mais par la suite elle se révèle à son tour erronée.
En effet, à mesure que le souvenir de notre état originel s'affirme, devient plus net et plus clair, nous comprenons qu'en fait nous n'avons jamais réellement oublié. Tout cela n’était qu'un jeu. Nous avons fait semblant d'être ignorants tout comme les enfants qui en fermant les yeux font semblant d'être aveugles.
Telle est probablement la situation de celui qui lit cet ouvrage : il est, ainsi que toute chose, l'unique Réalité qui fait semblant d'oublier ce qu'elle est.
Tout comme un enfant qui dans le jardin familial, jouant à être perdu dans la forêt, et à s'imaginer poursuivi par un loup, prend peur tout à coup devant l'ombre fuyante projetée par les nuages ; ainsi l’Éternel, jouant à se prendre pour un homme, s'effraye devant l'ombre de la mort, et aspire à se Réaliser spirituellement.

La condition humaine est comparable à un breuvage hallucinogène nous plongeant dans un monde de fantasmes, et nous faisant croire que nous sommes une individualité isolée, perdue dans un univers hostile.

En fait, nous jouons à nous faire peur. Le profane est une individualité parfaitement contente de son illusion. Voici pourquoi il importe de ne pas le déranger dans sa rêverie. Le chercheur spirituel est une personne qui commence à trouver que le rêve n'est plus à son goût. Ses propres imaginations l'angoissent,et elle veut s'en délivrer.

Si vous en avez assez de la Rêverie humaine, rêverie en laquelle vous vous dites : « Je suis Monsieur Untel ou Madame Unetelle », réveillez-vous donc !
Rien ne vous en empêche.

On se réveille, en un instant, lorsque l'on comprend : « Je suis l’Éternelle Réalité ineffable et transcendante ». Cette expérience peut être vécue par vous, à l'instant même où vous lisez ces lignes.

Arrêtez-vous quelques instants. Levez votre regard de cette feuille de papier et dites-vous intérieurement : « Je suis l’Être unique et immuable ».
Ne dites pas cela d'une manière mécanique. Accompagnez cette affirmation d'une prise de conscience... Alors, à un niveau très subtil, vous sentirez que quelque chose s'éclaircit, un nuage se dissipe, un voile se déchire...
Vous êtes sortis du rêve de l'identification humaine. Vos yeux se sont ouverts...

Certains hésitent à penser : « Je suis Dieu ». Une pudeur les retient. Une obscure menace de blasphème. La peur de l'orgueil. C'est absurde.
Dieu est celui qui EST. C'est-à-dire l’Être unique et englobant tout. En l'Unique pas de division, pas de partie. Associer quelque chose à Dieu au sens musulman, c'est façonner une idole. Le monothéisme au sens le plus élevé implique que rien ne doit être mis à côté de Dieu. Rien ne doit être mis à côté de Dieu, car lui seul EST. Il est l'Unique, le seul Existant.

Dire : « Je suis séparé de Dieu », c'est le pire des blasphèmes. C'est le péché suprême, celui de Lucifer. En croyant : « Je suis séparé de Dieu », nous façonnons une idole à visage humain, une de ces idoles proscrites par Moïse.
Cette idole est celle de l'ego. Toute personne qui se croit séparée de Dieu est un idolâtre qui adore son ego. La vie égotique est un culte perpétuel rendu à l’ego. On l'honore en cherchant à satisfaire ses passions, on le décore par de multiples possessions, on le loue par de multiples flatteries. Et voici l’ego qui se pavane dans le langage et dans la pensée, qui raconte ses exploits et se glorifie lui-même.

Dans la croyance en l'existence d'une âme individuelle séparée de Dieu, on associe quelque chose à Dieu. Il n'y a plus : « Lui, le seul et l'Unique ». Il y a Dieu et moi. Croire qu'il y a une multiplicité d'individualités c'est un polythéisme métaphysique, ainsi que l'affirme l'ésotérisme musulman. Si le polythéisme, au sens exotérique, ne s'oppose pas au monothéisme exotérique, les dieux cosmiques apparaissant comme des créatures de Dieu, au niveau métaphysique, le polythéisme consiste à dire : « Il y a plusieurs ».
Tandis que le monothéisme déclare « Il n'y a qu'Un ». Ce polythéisme-là s'oppose radicalement au monothéisme. Ainsi dire : « je suis Dieu » c'est être monothéiste, au sens métaphysique et ésotérique de ce terme.
L'orgueil consiste à gonfler l’ego d'une manière jugée avantageuse. Lorsque nous déclarons : « Je suis Dieu », et lorsque cette déclaration est intérieurement vécue, l’ego ne se gonfle pas, il disparaît.

L'ego, ou le moi individuel, repose sur la croyance du : « Je suis quelque chose de séparé et de distinct. Il y a moi et les autres ». Les fruits de cette croyance sont le désir de domination, la violence, l'orgueil, la passion, l'esprit de possession et d'attachement.

C'est parce que je me crois distinct des autres que je veux les dominer, que je m'oppose à eux, que je suis fier de mes supériorités et de mes victoires, réelles ou imaginaires. C'est parce que je pense être quelque chose de limité, que je suis poussé à vouloir acquérir, posséder, garder...

En déclarant : « Je suis Dieu », j'affirme : « Je suis le tout et l'au-delà de tout ». Dès lors l’ego, ou la croyance en l'existence d'un moi individuel, distinct, séparé et limité, disparaît.

L'annihilation du moi réside donc implicitement dans cette affirmation : « Je suis Dieu ». Comme il s'agit d'une réelle annihilation, et non d'une parodie, lorsqu'elle est accomplie il ne subsiste aucun « moi » qui puisse dire : « Je me suis annihilé ». En un instant, le « je » qui était l’ego est devenu le « Je » unique de Dieu.

Ceci ne signifie évidemment pas que vous soyez identique à Dieu en tant que manifestation créatrice et totalité immuable. Cela veut dire que votre nature profonde, votre identité véritable, votre Soi sont Dieu. Une bulle d'eau crevant la surface d'un étang n'a aucune existence, aucune réalité, aucune essence, en dehors de celle de l'eau.

Votre nature est divine, vous êtes Dieu, vous n'avez aucune existence, aucune réalité, aucune essence en dehors de Dieu.

S'il est juste de dire que la réalité de la bulle est identique et indissociable de la réalité de l'étang, il serait cependant erroné de déclarer que la bulle équivaut à l'étang. De même s'il est vrai et essentiel d'affirmer que votre réalité est identique et indissociable de l'océan de la Réalité Divine ; il serait cependant absurde d'affirmer que vous êtes Dieu en sa totalité.

Votre nature est indissociable de Dieu, mais vous n'êtes qu'une parcelle de sa Manifestation.
S’éveiller, c'est donc devenir conscient de notre Essence.
Dire : « Je suis Dieu, car mon essence et mon identité sont celles de Dieu » ; ce n'est pas de l'orgueil, c'est la suprême humilité. L’ego qui dit : « je suis Dieu », déclare implicitement : « Moi l’ego je ne suis rien ». Je ne suis rien, car le « je » que je croyais être est en fait le « Je » de Dieu qui seul existe.
Comprendre : « Je n'existe pas », c'est la suprême humilité.

Étant donné que cette humilité est une humilité réelle, elle ne laisse subsister personne qui puisse s' enorgueillir du fait d'être humble. Au moment où l’ego, dans un acte de suprême humilité, comprend : « Je n'existe pas, car
seul Dieu existe », il s'évanouit comme les ténèbres devant la Lumière.
Je ne puis dire : « Dieu seul existe » ou bien : « l’ego n'existe pas », si simultanément je ne déclare pas : « Je suis Dieu ». Ainsi la reconnaissance de l'Unique Réalité, l'annihilation de l’ego, et l'affirmation de notre identité transcendante, sont des facettes inséparables de la même Réalisation.
Déclarer : « Dieu seul existe », sans affirmer ; « Je suis Dieu », contiendrait une contradiction, puisque cela présupposerait qu'il continue d'exister un moi séparé de Dieu, et donc que Dieu n'est pas le seul existant.

Ne pas déclarer : « Dieu seul existe », c'est dire que Dieu n'est pas l’Être cosmique. Si Dieu n'est pas l’Être unique fondement, racine et origine de toute chose, Dieu n'est pas Dieu, ce qui est absurde.

Déclarer : « il faut annihiler l’ego », sans affirmer : « Je suis Dieu », contient une impossibilité, car une fois l’ego annihilé à qui appartiendrait le « Je » qui, ainsi que le montrerait l'expérience, continuerait à exister ?
Le « je » de l’ego, symbolisé en alchimie par le plomb doit se transmuter pour devenir le « Je suis » éternel de Dieu, symbolisé par l'or.
L’ego résiste à la transmutation. Dissipez donc toutes les résistances, et à l'instant même comprenez : « Je suis Dieu ».
Si vous interrompez votre lecture, et si vous laissez descendre en vous cette compréhension, que va-t-il se passer ? :
Vous allez réaliser que toute recherche est terminée. C'est la fin du voyage. Il vous apparaît clairement que toutes vos prières, toutes vos lectures, toutes vos méditations, toutes vos démarches et toutes vos disciplines spirituelles avaient pour but de vous acheminer vers cet instant là.
Cet instant que vous vivez en lisant ces lignes.
Désormais, il n'y a plus personne à prier, puisque vous êtes l'Unique. Aucune méditation, aucune discipline ne sont nécessaires. Vous pouvez abandonner toutes les pratiques spirituelles, ou bien continuer à les accomplir par jeu. Plus rien n'a d'importance. Vous pouvez brûler tous vos livres de philosophie et de spiritualité, vous n'avez plus rien à apprendre.
Si vraiment vous comprenez cela. Si vous n'avez pas peur de comprendre cela, que va-t-il se passer ? :
Il va se produire une immense libération d'énergie.
Toute cette énergie qui au long des années de votre recherche spirituelle s'était accumulée va se trouver libérée.

En étudiant, en priant, en méditant, en vous soumettant à diverses disciplines dans le but de vous réaliser spirituellement, vous avez accumulé en vous une immense source d'énergie. Le jour où vous comprenez : « Je suis déjà Réalisé, il n'y a plus rien à faire ou à chercher ». L’Énergie se libère. Kundalini s'élève et se dissout dans le Samsara.

Cette énergie ne provoque aucun phénomène. Pas de percée tonitruante des chakras. Percée tonitruante, phénomènes paranormaux et visions ne sont pas le véritable et ultime Éveil. Ils ne sont qu'une voie psychique suivie par quelques-uns. Lorsque le fruit est mûr, l'énergie monte silencieusement. On ne l'entend pas, on ne la sent pas, rien ne lui résiste, et elle atteint son but.
Tout est tranquille, identique à l'instant d'avant. La vie coule... Que s'est-il passé ? Rien ou simplement ceci : « La vie individuelle s'est fondue dans la Vie Cosmique ».

Qui n'a pas cherché Dieu ne peut comprendre : « Je suis Dieu » : il n'y a pas en lui d'accumulation d’Énergie, pas d'Éveil de la Kundalini. Il faut que l’Énergie s'accumule, monte, s'exacerbe, pour qu'un jour-aujourd'hui-perçant le dernier voile-elle s'absorbe dans le Silence infini.

« Je suis l'unique Réalité sans rivages ».
Toutes les illusions se sont écroulées. Plus de recherche, plus de démarche, plus rien à atteindre ou à rejeter.
Vivez cela.
Constatez : « Tout est obtenu, il n'y a plus rien à faire ».
Si vous vivez la fin du voyage, l’Énergie libérée s'investira dans le présent, cette parcelle d’Éternité.

Rien au-delà, rien en deçà. Tout est dans l'instant qui passe. Vous étiez tendu vers l'avenir, passé. C'est fini maintenant. Cet instant vous savez que vous l'avez voulu de toute éternité, et il en est ainsi de tous les instants.
Il n'y a rien à obtenir. Rien à attendre. La vie humaine n'est qu'un des jeux qui traverse votre éternité. Quand vous comprenez cela, votre énergie cesse de se perdre dans le futur. Elle s'investit entièrement dans le présent. Chaque instant devient une perle inestimable.

Les gens sont constamment tendus vers l'avenir - vouloir obtenir c'est tendre son cou vers l'avenir - quand ils marchent, ils pensent au lieu où ils se rendent, à ce qu'ils ont fait, ou à ce qu'ils feront. Quand ils travaillent, ils aspirent au repos - quand ils se reposent, ils pensent au travail. Toutes leurs convoitises sont des tensions vers l'avenir - toutes leurs angoisses également.
Lorsque plus rien n'a d'importance, l'énergie s'absorbe dans l'instant présent, et cette attention nouvelle qui nous porte vers le présent participe intégralement à l’Éveil.

L'absence d'espoir est une grande libération. Espérer c'est attendre ceci ou cela. Quand vous savez que vous êtes l'infini, il n'y a plus rien à attendre ou à espérer. Vous possédez tout. Non point présentement, puisque vous avez joué à vous recouvrir de la limitation humaine. Mais en votre éternité, vous possédez tout ; et c'est pourquoi vous n'attendez plus rien, vous n'espérez plus rien. Une absence totale de désirs s'est installée, et en elle vous connaissez la Paix.

Plus rien n'a d'importance, car la vie humaine, ainsi que toutes les conditions d'existence possible, ne sont que les jeux gratuits que vous avez façonnés.
Vous êtes l’Éternel qui joue à être un papillon, à être une chenille, à être un homme, à être un ange ou un démon.
À faire jaillir les amas stellaires. Vous êtes l'unique revêtu des apparences du multiple.
Maintenant vous savez cela, et vous le vivez d'instant en instant. Cette connaissance transforme radicalement le regard que vous portez sur les êtres et les choses.

Vous pouvez jouer à agir de telle ou telle manière, mais en aucun cas votre but ne peut être de gagner, ou d'obtenir quoi que ce soit. Vous êtes désormais un dilettante. Vous cessez de prendre les choses au sérieux.
Ce que les hommes appellent la « réussite » ou « l'échec », au sens individuel et social, ne sont que différentes possibilités du jeu humain. Il est pour vous évident que « l'échec » est aussi intéressant à observer que « la réussite ». Il en est de même pour la pauvreté, l'aisance ou la richesse. La guerre ou la paix. La famine ou l'abondance...
Vous rencontrez des gens, puis ceux-ci s'en vont ou meurent, et tout cela fait partie du jeu. L'Infini ne peut s'attacher à quoi que ce soit. Dans le vide intérieur, il n'y a pas de mains pour saisir.
La souffrance n'est elle-même qu'une phase âpre et torturante de votre jeu cosmique.

La mort n'est que la fin d'une représentation théâtrale.
Vous savez que rien n'a d'importance, et c'est pourquoi vous êtes totalement libre.
Plus aucune obligation, plus aucun devoir, plus aucune de ces choses créées par le mental. Toute chose est faite selon une inspiration spontanée, imprévisible l'instant d'avant. Les hommes en proie à l'illusion de la dualité disent que votre volonté a fusionné avec la volonté Divine, et c'est pourquoi il n'y a plus au niveau individuel de devoir et d'obligation. Le seul et unique Devoir étant devenu l'accomplissement de l'inspiration, c'est à dire de la compréhension spontanée ; qui jaillit au sein de la clarté d'un regard Éveillé.
Qu'importe ce que vous ferez ou ne ferez pas en cette vie. Vous acceptez ce que l'inspiration vous poussera à accomplir. Vous le ferez naturellement et spontanément. Aucune espèce d'acte n’est supérieur à un autre. Tout n'est que jeu. Faire votre vaisselle ou méditer : c'est pareil.
Vous êtes totalement libre, et cette liberté implique la possibilité d'oublier momentanément la vision de l'unité, pour, adoptant à nouveau le point de vue d'une individualité séparée, connaître : le plaisir de Le prier et de l'aimer.
Reprenant le point de vue de l'unité : « Où que vos yeux se portent vous ne voyez que le reflet infiniment multiplié et diversifié de votre propre manifestation ».

Il n'y a pas d'autres personnes avec qui vous entrez en contact. Tous ne sont que vous, et vous êtes en eux tous. Ce sentiment d'unité engendre une fraternité profonde dans vos rapports avec les différentes formes de vie. En cette fraternité, il y a une communion et une chaleur que l'on appelle l'amour.
Mais vous n'éprouvez aucune nécessité à utiliser ce mot galvaudé. Quand on parle de l'amour celui-ci s'en fait quelque chose de mystérieux vous relie aux autres, qui ne sont que d'autres aspects de vous-même. C'est tout ce qu'on peut dire.

Vous ne souscrivez à aucune règle morale, à aucun code de conduite. Mais en vous il y a un sens de la beauté qui vous empêche de faire des actes laids.
Les notions de vertu ou de péché ont disparu pour vous. Ces notions sont le lot de l'ignorant qui s'identifiant à l'homme, veut acquérir la vertu et fuir le péché.
En vérité la source de toute perfection est en vous. Il suffit de laisser couler cette eau à l'extérieur pour que vos actes expriment la Lumière. En agissant selon l'inspiration vous ne dites pas : « J'agis vertueusement », vous agissez, c'est tout. Librement et spontanément. Sans raisons ou justifications morales.
Pour le plaisir, uniquement pour le plaisir.

Vous ne vous passionnez pour rien, vous ne regrettez rien. Il n'y a aucune trace d'imperfection en vous. Toutes vos limitations sont des jeux de votre toute puissance. Ce corps est le réceptacle de votre incarnation. Car vous êtes Dieu incarné, et ce corps est votre temple.

Vous ne désirez rien, et cependant les désirs s'ébattent librement en vous.
Vous n'avez pas de désir passionnel, vous n'avez que des désirs superficiels.
L'absence totale de désir serait le résultat d'une insensibilité et d'une contrainte ascétique. Les désirs s'expriment donc librement en vous, mais vous ne vous agrippez pas à eux. La manifestation d'un désir est une expression de votre jeu existentiel. La satisfaction d'un désir est une expression de votre jeu existentiel. La non-satisfaction d'un désir est une expression de votre jeu existentiel. Fondamentalement, vous n'avez pas de préférence entre la satisfaction et non-satisfaction. Voici pourquoi malgré la totale liberté de vos désirs, vous demeurez détache. Ce détachement est le résultat de la perception intuitive de votre Nature véritable.

Les hommes sont comparables à des joueurs de cartes qui ont complètement oublié qu'il s'agit d'un divertissement. Leurs visages sont crispés, le manque d'atout dans le destin d'une vie les angoisse. Perdre ou gagner revêt une importance suprême. A contrario, celui qui joue aux cartes pour se distraire considère qu'il est aussi intéressant de perdre que de gagner.
Semblablement, la vie humaine, pur divertissement de Dieu, prend une intensité dramatique à cause de la bêtise des hommes.
La comparaison des joueurs de cartes est bonne, car il apparaît que beaucoup de joueurs de cartes sont de mauvais joueurs. En fait, ils ne jouent pas, c'est une activité pour eux extrêmement sérieuse, il y a des concours, des paris, des enjeux et des médailles. Leur amour propre est exacerbé, ils sont fiers ou déçus, tendus, crispés vers la réussite.

Il en est qui ont des sueurs froides. Ils s'exclament bruyamment quand ils gagnent, font grise mine quand ils perdent. Certains trichent, d'autres se vantent...

En observant des joueurs de cartes, nous comprenons clairement comment un jeu peut devenir une lutte âpre et farouche. En regardant les hommes s'agiter au sein de leur activité quotidienne, nous constatons exactement la même chose. Le jeu de la vie, en lequel l'Immortel joue à être mortel, l'Illimité à être limité, le Béatifique à faire l'expérience de la souffrance, cesse d'être un jeu et devient une tragédie. Il en est ainsi parce que les gens ont oublié qui ils sont.

Celui qui s’éveille, constatant l'angoisse des hommes s'approche d'eux, leur tape sur l'épaule et leur dit : « La vie n'est pas réellement importante, ce n'est qu'un jeu. Rien de grave ne peut vous arriver. Vous êtes immortels et divins - Décontractez-vous - Lâchez prise. Prenez conscience de ce que vous êtes et acceptez la vie telle qu'elle est. Elle n'est qu'un jeu sans réelle importance - Comprenez cela et soyez libre ».

En écrivant ce texte, nous vous tapons sur l'épaule et nous vous disons cela.
Regardez autour de vous avec un oeil neuf, et prenez conscience de ce qu'expriment nos paroles.

Dans la réalisation intérieure de l'affirmation : « Je suis Dieu », tout est contenu. En cette affirmation il y a détachement total, amour universel, Paix profonde, spontanéité et action lumineuse, investissement de l’Énergie dans le présent, et dissipation de toutes les illusions, doutes et préoccupations humaines.
Si la compréhension « Je suis Lui » ne s'accompagne pas des qualités décrites, il s'agit d'une simple affirmation mentale, sans prise de conscience véritable. En ce cas, vous n'êtes pas sorti de l'hallucination en laquelle vous vous identifiez à un homme. Vous n'avez fait qu'ajouter un élément intellectuel au sein de cette hallucination.

L'affirmation : « Je suis Dieu » n'est pas une espèce de médaille théologique que vous devez vous attribuer, pour vous pavaner dans le miroir de votre narcissisme. Cette affirmation a pour but de vous faire comprendre, d'une manière définitive, qu'il n'y a rien à chercher et rien à atteindre. Ayant compris : « Je suis Dieu », il est évident que toute recherche et tout désir d'obtention, à quelque niveau que ce soit, deviennent absurdes.
Avec la fin de la recherche survient la découverte. En affirmant la Réalité de votre nature Divine, vous mettez fin à la recherche de Dieu.
« Vous êtes Dieu ». Comprenant cela, vous savez que la Vérité est en vous.
Tout mouvement hors de vous-même est dès lors un mouvement qui va vers l'illusion de l'extériorité.

Par cette compréhension : « Tout est en moi, il n'y a rien atteindre », la quête s'arrête, et l'énergie qui était engagée dans la recherche s'investira dans le présent. Cet investissement engendre une attention à Soi-même qui provoque la Réalisation. Ainsi l'affirmation ; « Je suis Dieu » n'est pas preuve de Réalisation, ou témoignage de Réalisation, elle est moyen de Réalisation. C'est pourquoi elle n'est pas réservée à une élite de grands Sages. Tous les moyens finissent par être abandonnés, et lorsque l'affirmation a provoqué l'investissement de l'énergie dans le présent le mental se tait, ce qui implique le dépassement de l'affirmation.

Le message essentiel est donc celui-ci : « Vous êtes Dieu », et chaque instant est un instant de votre éternité. Il n'y a rien à chercher dans le passé ou le futur, rien à investiguer hors de l'instant présent.

Quand à l'injonction suprême elle se résume par : « Devenez attentif, pleinement attentif ». Dans l'attention on découvre le silence intérieur, tandis que la vie humaine devient notre jeu gratuit.
Celui qui s’éveille ne se contente pas d'affirmer une formule, de la répéter rituellement, ou de spéculer sur elle. Brusquement, à la manière d'une déchirure silencieuse, il constate que tout ce qui motivait le sens de sa vie l'instant d'avant s'écroule et disparaît. Le mental se tait. Il n'y a plus rien à dire.
L'instant devient immense...
Paix, détachement, amour, liberté sont aussi indissociables de l'Éveil que la clarté l'est de la lumière.
Ils en sont les signes, les témoins et les preuves.

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