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APPROCHE DE LA RÉALITÉ

Allez dans la nature, de préférence au sommet d'une montagne, d'une éminence rocheuse, d'une colline. Asseyez-vous dans un endroit que vous sentez propice. Dans un lieu magique. Vous avez emporté avec vous de quoi boire et manger. C'est l'été et vous avez ce qu'il faut pour vous protéger du soleil. Étant installé vous allez demeurer immobile une grande partie de la journée. Votre regard errera librement sur le paysage proche et lointain. Tandis que vous regarderez les beautés de la nature, vous garderez constamment présent à l'esprit la notion suivante : « Ceci est une manifestation de Dieu ».
Peu à peu, le concept de la Manifestation Divine deviendra une vision et une expérience vécue. La plaine ou la montagne lointaine deviendra une manifestation de Dieu. Ayant commencé par penser : « C'est une manifestation de Dieu », vous finirez par sentir : « C'est une manifestation de Dieu ». Il en résultera une émotion, un sentiment, une béatitude particulière. Vous contemplerez la couleur de Dieu. Vous contemplerez la forme de Dieu. Le soleil sera la lumière et la chaleur Divines. Le vent et sa fraîcheur sont la force de Dieu. L'eau, le nectar de Dieu. La nourriture, la substance de Dieu. La pierre, l'immobilité.Divine. La végétation, le foisonnement de Dieu. L'oiseau qui passe, la mouche qui bourdonne, les promeneurs éventuels seront tous des manifestations de Dieu. En chaque forme de vie, vous sentirez la présence et le jeu de l'universelle Conscience. Et vous qui demeurez tranquillement assis, vous êtes partie intégrante de cette totalité. Vous êtes également en vos
aspects corporels et psychologiques une manifestation de Dieu. Sentez cela - Vivez-le. Comprenez l'extraordinaire jeu du Divin qui s'est démultiplié au sein des apparences phénoménales.

Merveilleux miracle - Extraordinaire merveille ce Dieu que vous avez cherché partout. Ce Dieu que vous avez cherché dans les livres compliqués, des associations bizarres, des rites étranges, des méthodes de méditation difficiles.
Ce Dieu qui est l'objet de votre recherche et de votre amour, maintenant vous le contemplez en toute chose.

Vos yeux contemplent ses formes et ses couleurs. Vos oreilles entendent sa rumeur. Votre corps sent ses contours. Votre coeur déborde d'amour et de reconnaissance. Sa coupe est remplie.

Demeurez ainsi dans votre silence, dans votre immobilité, dans votre émerveillement.

Ne vous contentez pas de lire, allez dans la nature, faites ce que nous vous disons. Que la perception de Dieu en toute chose soit le seul but de ces journées de retraite champêtre et solitaire. Que cela soit l'unique préoccupation de chacun de vos instants. Douce, paisible et béatifique préoccupation.

Tout ce qui est acquis dans l'isolement doit ensuite descendre au sein de la vie active et communautaire.

L'isolement, le silence, l'immobilité rendent l'oubli de Dieu moins accaparant.
Ayant pour seul but la contemplation de Dieu, cette contemplation devient aisée. Ayant appris à demeurer des journées de retraite entières, immergé dans la perception de la manifestation Divine, il vous sera de plus en plus aisé de continuer à voir en toute chose la manifestation de Dieu. Ainsi vous demeurez conscient que tout est Dieu, car Dieu seul existe. Faites cela dans la rue, à l'usine, au bureau, dans votre foyer, en toute circonstance.
Celui qui demeure constamment conscient de Dieu est spirituellement Réalisé. Aucun doute là-dessus.

Lorsque vous demeurez ainsi conscient que tout est Dieu, un merveilleux sentiment d'harmonie s'empare de vous. Vous êtes vraiment partie intégrante et harmonieuse du Tout. Le cri de l'oiseau, le déplacement du nuage, l'aboiement du chien...vous parlent le langage de l'Ineffable.
Ne cherchez à voir aucun signe divinatoire dans les manifestations de la nature. La signifiance que vous devez percevoir est celle de l'ineffabilité. Vous comprenez et vous sentez au-delà des mots et des pensées. Et cette connaissance-là est incroyablement plus belle et plus élevée que les basses préoccupations de l'esprit en quête de Divination. Ceux qui se sont isolés dans la nature pour acquérir dans la contemplation du perçu une connaissance Divinatoire, n'ont connu qu'une dégradation et une perversion matérialistes de la vraie Connaissance. Quittez donc les chemins de la dégradation et élevez-vous vers le sommet qu'est la Connaissance silencieuse. La Connaissance au sujet de laquelle rien ne peut être dit ou transmis.

En toutes choses ne voir que Dieu seul, c'est posséder la vraie Connaissance.
Vivre en harmonie parfaite avec le monde et la nature c'est vivre dans la vraie Connaissance.

Lorsque vous savez que toute vie est une manifestation de Dieu, un respect immense vous emplit pour toutes formes de vie. Tuer un insecte, c'est détruire une manifestation de Dieu. Comprendre cela c'est devenir parfaitement nonviolent.
Certains ayant atteint ce stade de compréhension ont refusé de tuer des animaux pour les manger. Les Jaïns ont été jusqu'à balayer le sol devant eux pour ne pas risquer d'écraser un insecte. Cette non-violence est un baume d'amour.

Vous devez cependant vous garder de tels excès, vous devez vous en garder pour deux raisons : une supérieure et une inférieure. La raison inférieure est une constatation pragmatique : il n'est pas possible de vivre sans violence. Le végétarien tue des plantes qui sont aussi une manifestation de Dieu. Celui qui se soigne tue des microbes qui eux aussi sont une manifestation Divine. La vermine, les bêtes nuisibles doivent être détruites, ceci est la réalité de la condition humaine. La raison supérieure découle de la compréhension suivante : au sein de la Réalité Divine, rien ne se perd. Ce qui ne peut cesser d'être. La mort n'est pas une disparition, c'est une transformation. Si vous comprenez cela, la loi du meurtre qui régit toute la nature cesse d'être horrible.
En fait, il n'y a pas de meurtre. Tout n'est que transformation. Celui qui croit qu'il peut tuer ou être tué est ignorant. La manifestation Divine est une manifestation mouvante dont les transformations sont incessantes. L'un des aspects de cette transformation constante c'est ce que les hommes appellent la mort. S'attachant à une forme d'existence particulière. Investissant stupidement leur affectivité dans telle ou telle forme d'existence particulière, les hommes ont conçu la mort comme un drame, une perte horrible. Ayant édifié cette fausse conception, ils ont ensuite tiré de fausses conclusions.
Certains ont même été jusqu'à dire que Dieu était le premier meurtrier, puisque la création en laquelle il se manifeste était emplie par la loi de la violence et du meurtre. Tout cela n'est que divagations. Il n'y a pas de disparition, il n'y a que Transformation. Qui comprend cela sait que personne ne meurt, et que personne ne peut tuer au sens populaire de ces termes. Ce qui disparaît ici apparaît là. Rien ne se perd dans la nature. De l'invisible vient le visible. Le visible retourne à l'invisible, puis redevient visible. Le monde, qui n'est autre que la manifestation de Dieu, est en constante transformation. Telle est la Vérité.

Ayant compris cela vous accomplirez la violence chaque fois que les circonstances l'exigeront ; et cependant dans l'ensemble de votre attitude vous demeurez non-violent.

Tel est le message de la Bhagavad Gîta, en laquelle tout à la fois il est prescrit à Ajurna d'être non-violent, et par ailleurs d'accepter son devoir de guerrier en tuant ses ennemis.

Tel est le message de la Bible en laquelle il est dit de ne pas tuer, et où de multiples guerres accomplies sur ordre de Dieu sont décrites.
Car il existe des guerres saintes comme disent les musulmans. Des guerres en lesquelles on défend les valeurs Divines de l'existence humaine.
Ainsi donc, vous êtes non-violent. Vous regardez le moindre insecte avec sympathie. . Cependant lorsqu'il faut tuer la vermine vous le faites avec l'esprit serein. De même s'il faut se battre contre des animaux ou des hommes pour vous défendre, ou bien pour protéger d’autrui ou encore sauvegarder des valeurs spirituelles, vous le faites également tout en conservant le sens de l'unité qui relie toute chose, et en ne voyant dans la mort qu'une simple transformation.

En votre état quotidien d'harmonie avec le monde, et de non-violence vis-à-vis des éléments du monde, vous connaissez une béatitude constante.
Il n'est rien en cet univers qui ne soit votre ami. Même le chien enragé, qu'il faut abattre sans hésitation et sensiblerie, demeure avant et après son exécution votre ami.

En toute chose, Dieu vous parle. Au travers de tout événement, Dieu vous enseigne. En toute forme de vie, Dieu se manifeste à vous. C'est en cela que réside l'amitié suprême.

Ce sentiment d’harmonie est semblable à une symphonie. Le bleu du ciel ou la pluie qui tombe. Le froid ou la chaleur, l'énergie, la fatigue ou la souffrance corporelle. La compagnie ou la solitude. Le travail ou le loisir, la satisfaction ou le manque, tout cela forme une majestueuse symphonie en laquelle Dieu se manifeste.

Voir en toute chose la manifestation de Dieu, c'est perdre le point de vue égocentrique qui toujours cherche le plaisir et l'acquisition, pour fuir la douleur ou la perte. Pour celui qui devient constamment conscient de Dieu, la vie entière est une symphonie. Une symphonie traversée de silence, de notes légères et d'intensités musicales. Il y a les cuivres de la douleur corporelle et les flûtes de la beauté, mais il n'y a plus rien de regrettable. Ce qui au niveau humain correspond au bonheur et au malheur se fond dans une harmonie cosmique et divine, qui étreint le coeur du dévot d'une émotion inexprimable où admiration et reconnaissance sont mêlées.

En un premier stade, Dieu est perçu comme différent de nous. Il y a Dieu et il y a nous. Je puis adorer Dieu comme étant la source invisible de toute chose, le créateur du monde. Comprendre que le créateur se manifeste en sa création c'est franchir un échelon important. Dès lors, je puis voir en toute chose la face de Dieu. Je suis l'adorateur de Dieu sous ses deux aspects : transcendants et manifestés. L'approfondissement de l'adoration de Dieu manifesté sous la forme du cosmos, est un stade fondamental, oui doit être vécu avec intensité et profondeur avant de passer au stade suivant. Le stade suivant est issu de la réflexion suivante : si tout est manifestation de Dieu, le corps et le psychisme de cet homme ne peuvent être exclus de cette manifestation. Ils en font nécessairement partie intégrante. Cet homme qui lit est donc également, en son double aspect physique et psychologique, une manifestation de Dieu. Tel est le raisonnement.

L'expérience survient lorsque, prêtant attention à cette vérité, on perçoit le corps et le psychisme de l'homme qui lit, comme étant réellement une manifestation de Dieu.

De cette expérience résulte la purification spontanée. Le raisonnement ne produit aucune purification, l'expérience vécue seule à ce pouvoir. En votre expérience vous constaterez que chaque fois que vous demeurez conscient que les gestes, les paroles et les pensées de cet homme sont une manifestation de Dieu, gestes, paroles et pensées sont à la fois purs et Divins.
L'impureté ne peut se manifester qu'au sein de l'inconscience de cette Réalité, que cette inconscience soit ou ne soit pas accompagnée d'un raisonnement trompeur. Penser je suis une manifestation de Dieu, et agir de façon impaire est possible. Sentir profondément et vivre le fait que nous sommes des manifestations de Dieu, puis agir de façon impure est impossible.
La pureté ou l'impureté n'est pas forcément ce que décrivent les hommes dans leurs livres. Il n'y a pas d'actions qui en elles-mêmes soient impures. C'est la manière dont sont accomplis les actes qui est pure ou impure. La pureté se confond avec la sacralité. La sacralité s'assimile à la conscience de Dieu. Là où il y a prise de conscience de Dieu, il y a pureté et sacralité. La pureté ne se définit pas, elle se vit d'instant en instant, et elle résulte de la conscience de l'omniprésence tout englobante de Dieu.

Percevant que Dieu est l'englobant, il cesse d'y avoir Dieu et vous. Il n'y a plus que Dieu. Aucune séparation n'existe. Il est parfaitement illusoire de dire ceci est Dieu, ceci est l'individualité. Dieu seul existe, et toute autre parole est vaine. La Réalité seule existe, et toute autre parole est vaine. Cette Réalité est innommable, indéfinissable, incommensurable. Vous êtes cette Réalité, toute chose est cette Réalité.

L'athée nie Dieu, et déclare que le cosmos existe. Mais qu'est-ce que Dieu ? : c'est un simple mot qui désigne la Réalité. Réalité dont le cosmos est inséparable.

Parler de Dieu c'est en quelque sorte être idolâtre. Vous idolâtrez un concept.
C'est inévitable pour le débutant. Mais lorsque vous saisissez que Dieu est ineffable et tout englobant, à quoi peut bien vous servir le mot de Dieu ? Il ne sert plus à rien.

Dieu tel que le pensent les hommes n'est qu'une création du mental humain.
Cette compréhension constitue votre athéisme métaphysique. Ce qui existe n'est désignable par aucun mot. Vous êtes face au mystère imprononçable et indescriptible. Vous vivez, votre union avec le mystère, et en cela réside votre Réalisation spirituelle.

L'athée a raison : Dieu n'existe pas, seule la Réalité existe, cette Réalité que vous pouvez appeler Dieu. Mais l'athée n'a aucune expérience de l'ineffabilité de la Réalité. Ce qu'il formule est un simple raisonnement, son raisonnement bien que juste ne mène à rien. Le Réalisé, l'expérience de l'ineffabilité. Ayant cette expérience, il sait que tous les mots sont feux. Il sait que toutes les religions ne sont que des créations du mental humain. Au sein de ces religions, certains parviennent à l'expérience de l'ineffabilité de la Réalité. D'autres demeurent enfermés dans les concepts, et l'idolâtrie des concepts.
Une idole représente le Divin, mais elle le représente inadéquatement. Elle représente l'Illimité d'une manière limitée, l'informel d'une manière formulable.
Dire : Dieu n'existe pas, et ne pas avoir l'expérience de la Réalité ineffable, c'est être athée. Dire Dieu n'existe pas, ce n'est qu'un concept mental ; et avoir l'expérience de la Réalité ineffable que désigne maladroitement le mot Dieu, c'est être spirituellement Réalisé.

Déclarer Dieu est ceci et cela, c'est façonner une idole. Dire Dieu c'est l'unique Réalité ineffable ; c'est utiliser le mot Dieu correctement. Bien dangereux est ce mot, qui tout à la fois peut désigner une idole conceptuelle inexistante, façonnée par le mental humain ; et peut également désigner la Réalité perçue inconsciemment par tous à chaque instant, et perçue consciemment par le Réalisé.

Il y a cependant une autre différence fondamentale, qui sépare l'athée de celui qui est spirituellement Réalise. Pour l'athée, la Réalité c'est uniquement ce que perçoivent les sens. Pour le Réalisé la Réalité est à la fois l'infinitude du vide informel et la totalité du cosmos.

Lorsque vous demeurez assis, et que vous regardez paisiblement autour de vous, tout en demeurant conscient que la totalité du perçu est une manifestation de l'unique Réalité ; lorsque votre mental cesse de vagabonder à droite et à gauche, pour demeurer uniquement conscient de cette Vérité, et de cette évidence. Alors, dans le plein vous percevez le vide, dans le bruit le silence, dans le manifesté le non-manifesté, car tous deux s'interpénètrent.
Il y a le bruit perçu par les oreilles, et il y a le silence intérieur de celui qui perçoit. Il y a la pesanteur des formes perçues et l'immatérialité de celui qui perçoit. La mouvance des perceptions, et l'immobilité du spectateur. Alors au-delà de tout concept, en votre expérience, vous savez que le perceptible vient de l'imperceptible. Que le plein et le vide sont deux aspects parallèles et indissociables de la Réalité.

Le bruit n'exclut pas le silence. Le bruit retourne au silence. Le silence précède le bruit.

La Conscience immatérielle précède les perceptions, et les perceptions finissent par s'éteindre dans la conscience immatérielle.

Vous êtes indissociable de toutes ces perceptions qui constituent ce que l'on appelle le monde. Vous êtes indissociable de cette conscience sans forme et sans limite qui perçoit le monde.

Telle est votre expérience de la Réalité ineffable. Telle est votre Réalisation.
Votre esprit est devenu attentif grâce à l'affirmation : « Dieu est toutes les choses que vous percevez ». À un certain degré d'attention vis-à-vis du perçu vous oubliez la notion de Dieu, vous oubliez tous les concepts philosophiques ou mystiques. Il ne reste plus que votre attention. Une attention pure, dépouillée, simple et parfaite, qui exclut toutes les pensées et considérations parasites.

Alors ce qui est perçu revêt un éclat et une intensité particulière Votre Éveil devient intense et profond.

Vous voyez le monde, les pensées, les sentiments, et les sensations de l'homme à la manière d'un fleuve de perceptions, qui coule inlassablement devant votre immobilité intérieure.

Vous connaissez l'Éveil, et tous les mots sont faux.

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