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APPROCHE DU DÉPASSEMENT DE LA CONNAISSANCE

En définitive à quoi se résume la Connaissance métaphysique ? À percevoir le vide éternel de la transcendance. La paix ineffable du Divin. La Présence du sans limites.

Le profane ne connaît pas CELA. Une ignorance métaphysique fondamentale a posé une taie sur ses yeux. Dissiper cette ignorance et s’éveiller à la perception de cette Réalité, que l'on a appelée le purusha, le Brahman, le nirvana et le tao, tel est le but de la quête initiatique.

Pour mener les gens à cette Connaissance, il est nécessaire d'utiliser une multitude de mots, et pour celui dont les yeux sont immergés dans l'océan du silence cela ne manque pas d'apparaître quelque peu étrange.

Au début de la quête, cette suprême Réalité invisible apparaît souvent comme un concept abstrait. Quelque chose de lointain ou de difficile à atteindre.

Il faut donc travailler, s'efforcer, se rappeler, méditer, et ceci jusqu'à ce que l'on s'aperçoive que l’Éveil est possible à chaque instant.

Il n'est rien de lointain qu'il ne faille atteindre. La Présence éternelle. Le vide du sans limites. L'océan du sans nom. L'ineffabilité silencieuse. CELA est en nous à chaque instant. C'est le substratum permanent qui demeure dans la transparence de toutes perceptions, pensées, émotions, actions...

Il faut donc commencer par découvrir la Transcendance. Que de mots, que d'efforts pour parvenir à trouver la simplicité immaculée et absolue du parfait Silence.

L’Éveil finit par être connu, mais le flot du monde, les automatismes et les habitudes mentales surviennent, l'emportent et le noient dans ses replis.
Alors le combat spirituel commence. Il faut chercher à instaurer l’Éveil au sein de chaque journée. Il faut travailler à élargir la déchirure de l’Éveil.
Cette lutte est une nécessité fondamentale. Qui ne se lance pas corps et âme en elle restera sur le rivage et n'aura entrevu de l’Éveil que des éclairs imprécis.

Il faut lutter contre l'oubli et l'ignorance, car au début l’Éveil est semblable à un fantôme évanescent. Tout ce qui permet de le fixer, de le faire descendre dans l'existence quotidienne, de l'y enraciner, d'élargir sa présence est le bienvenu. Discipline Spirituelle, méthode de méditation, rappels entrecoupant chaque journée sont indispensables.

Peu à peu les efforts portent leurs fruits : l’Éveil devient plus profond et plus fréquent. En chaque journée il y a toute une série de moments d’Éveil. Parfois l’Éveil s'accompagne d'un oubli plus ou moins total du monde, en d'autres occasions il se profile derrière les perceptions externes et internes.
La Paix s'installe en nous. Mais ce n'est pas une paix parfaite, il y a encore de multiples zones d'ombre en chaque journée.

En nous se manifeste une constante alternance entre l'ignorance et la Connaissance. Parfois nous sommes Éveillés vis-à-vis du Silence sans rivage de l’Être, mais en de multiples occasions le monde nous absorbe, nous oublions l'ineffable, nous plongeons dans le tourbillon du superficiel.

Nous piétinons. Malgré l'accroissement de nos efforts, la constance de l’Éveil nous échappe. Les disciplines et les méthodes de méditation commencent à nous sembler inutiles. Il ne nous paraît plus tellement certain qu'elles favorisent véritablement l’Éveil. C'était le cas au début, mais maintenant ne constatons-nous pas avec toujours plus d'évidence que la prise de conscience de l’Éveil est possible à chaque instant, en dehors de toute espèce de technique ? La solution de notre problème ne réside donc pas dans une multiplication des exercices et des pratiques. Bien que ceux-ci accomplis quotidiennement établissent un contexte favorable à la poursuite de l’Éveil.

Que faut-il faire ?

Nous connaissons l’Éveil, mais sans cesse nous l'oublions. Nous nous le rappelons constamment, pour l'oublier à nouveau. Comment parvenir au sein de toutes les activités à sans cesse et inaltérablement demeurer en Éveil ?
Certaines activités peuvent se dérouler en quelque sorte extérieurement à nous, tandis que nous demeurons immergés dans l'éveil vis-à-vis de la réalité transcendante inactive et bienheureuse. Mais il est d'autres types d'activité qui nous absorbent, qui happent notre conscience vers l'extérieur. Comment éviter cela ?

La réponse est très simple : il ne faut pas chercher à l'éviter. Vous voulez casser l'emprise du monde pour demeurer immergé dans la transcendance.
Vous voulez détruire l'ignorance dans laquelle votre perception du monde vous fait oublier la transcendance. Vous voulez posséder constamment la Connaissance. Cela signifie qu'il reste à comprendre que le monde et la Transcendance sont UN. L'ignorance et la Connaissance doivent être conjointement dépassées.

En vérité, on hésite à dire de telles choses, car il y a tellement de chances qu'elles soient mal comprises ! Mais que pouvons-nous faire si ce n'est exprimer la Vérité, en précisant que le dépassement de l'ignorance et de la Connaissance ne peut se faire qu'après un enracinement dans la Connaissance.
La compréhension de l'unité du monde et de la Transcendance ne peut être vécue qu'après une Connaissance de la Transcendance.

Chaque fois que vous êtes Éveillé vis-à-vis de votre réalité ultime, silencieuse, inactive, et béatifique, vous êtes dans la Connaissance de la Transcendance. Chaque fois que vous vous laissez absorber par les perceptions externes ou internes vous êtes dans l'ignorance.
Mais qui êtes-vous ? Êtes-vous l'homme ou la Transcendance ? Vous êtes la Transcendance, ceci doit être une évidence au niveau de compréhension de ceux à qui nous nous adressons.

Pourquoi la Transcendance s'oublie-t-elle elle-même ? La Conscience Transcendante, qui est votre nature réelle, s'oublie en s'absorbant dans la perception du monde. C'est ce que vous constatez quotidiennement. Est-ce gênant ? Et pour qui serait-ce gênant ?

Cette ignorance de notre propre nature qui se manifeste momentanément dans un fragment individualisé de la conscience éternelle, constitue-t-elle un problème pour cette CONSCIENCE ?

Si vous réfléchissez correctement vous devez obligatoirement conclure que dans cet oubli momentané il n'y a aucune espèce de perte. La Transcendance ne peut se perdre. Elle demeure inaltérablement.

Dès lors, nous nous posons la question suivante : cet oubli momentané de votre nature transcendante, qui se manifeste chaque fois que vous vous absorbez dans les perceptions phénoménales, ne serait-il pas simplement un jeu de cache-cache ?

Dieu oublie qu'il est Dieu, et se prend pour un homme. Alors Dieu est insatisfait, et il cherche Dieu. Dieu au terme de cette recherche finit par se trouver lui-même. Se trouvant lui-même il possède sa propre Connaissance ; mais voici qu'il a peur de perdre cette Connaissance éternelle, et qu'il se met, en sa forme humaine, à fuir l'ignorance. Une nouvelle forme de souffrance en résulte. Tout ceci n'est-ce pas une simple blague au sein de l’Éternité ?
Pourquoi refusez-vous de jouer ? Pourquoi vous crispez-vous sur la Connaissance, alors que vous la possédez de toute éternité ? Pourquoi refusez-vous d'entrer joyeusement dans l'ignorance, pour en ressortir ensuite, et y entrer et en sortir sans cesse ? De quoi avez-vous peur ? De quelle chimérique illusion êtes-vous la proie ?

Qu'est-ce que le monde sinon la Manifestation de la Transcendance ? Dieu peut-il se perdre à l'intérieur de lui-même ? C'est impossible : il ne fait que jouer avec le corps cosmique de sa Manifestation.

Comment voulez-vous que le monde soit en quelque façon séparé de la Transcendance ? L'ineffable est dans le Silence et le Vide éternels, mais il est aussi dans l'oiseau l'arbre et l'ami. Vous avez oublié cela, et vous voulez demeurer immergé dans le Silence, quelle mesquinerie ! Il faut savoir vous perdre dans l'arbre et dans l'ami. Il faut vous perdre dans vos travaux et vos loisirs. Il faut vous retrouver dans le Silence et vous perdre dans le monde constamment. Cessez d'être rigide ! Devenez souple ! Cessez de distinguer, dissocier et préférer. Acceptez tout. Immergez-vous en tout. Prenez toute forme. Adoptez toute réalité. Soyez un avec le monde et avec la Transcendance.

Apprenez à vous perdre et vous constaterez qu'il est impossible de se perdre, puisque tout est UN. Ce que l'on voit et celui qui voit ne sont pas distincts, dès lors où voulez-vous vous perdre ? Vous êtes éternellement en vous-même, en votre manifestation et votre non-manifestation.
Le monde sans la Connaissance de la Transcendance est une prison obscure.
Mais la Transcendance sans l'acceptation du monde est une impuissance obscure.

Être accaparé par le monde et ne pas connaître la Transcendance c'est le piège de l'ignorance.

Vouloir s'absorber exclusivement dans la Transcendance, et fuir l'absorption du monde, c'est le piège de la Connaissance.

Ne peuvent éviter le piège de la Connaissance que ceux qui ont bu à grands traits son ambroisie. L'ignorant croyant s'éviter la peine de la recherche prétendra dépasser la Connaissance qu'il ignore. Ce faisant, il ne fera que justifier à ses propres yeux son emprisonnement dans l'ignorance. Il ne dépassera ni ne réalisera rien.

C'est par la Connaissance que l'ignorance est transcendée ; et c'est par l'acceptation de l'ignorance au sein de la Connaissance que la Connaissance est transcendée.

Il faut donc commencer par chercher la Connaissance de l’Éveil. Il faut travailler pour imprégner chaque journée de la saveur de l’Éveil. Sans une telle démarche poursuivie avec ardeur et constance, il n'y a pas de Connaissance.
Mais lorsque la Connaissance a produit son fruit, lorsque l’Éveil est présent d'une manière forte et abondante en chaque journée, il faut cesser de s'accrocher à la perception de la Transcendance, et accepter de s'absorber spontanément dans le monde, à de multiples reprises quotidiennes.
Voici le secret : en prêtant une totale attention à ce qui constituait l'ignorance, vous transformez celle-ci en une autre forme de Connaissance.
Il faut chercher l’Éveil constant, mais l’Éveil constant n'est pas une installation constante dans la Connaissance. Tout un ensemble d'activités et de moments journaliers vous paraissent relever de l'ignorance, eh bien constatez que si vous introduisez en ces activités et ces moments la vigilance de l’Éveil, l'ignorance se transformera en quelque chose de nouveau.

Pour celui qui est mûr, il faut se libérer de l'obsession de la Connaissance.
Dépasser la Connaissance par l'acceptation de l'ignorance.

En ce dépassement chaque instant est vécu de manière intense, car en vérité, l’Éveil qui dans notre conception première se rapportait à la Connaissance englobe maintenant la Connaissance et l'ignorance. Être Éveillé c'est avoir une conscience intense, et ma conscience est intense lorsque je demeure dans le Silence et la paix intérieure. Mais elle est également intense lorsque je m'absorbe dans les effusions du coeur, le travail mental, l'action du corps ou la perception du monde.

Vivre éveillé devient pour moi ceci : à chaque instant je suis soit dans la paix ineffable du Silence, soit dans le monde. Je sors du silence pour entrer dans le monde, et revenir dans le Silence, dans un va-et-vient perpétuel.
Tout en moi est fluide, souple et changeant.

En certaines activités l'immensité se profile à l'arrière-plan du perçu. En d'autres activités, il est oublié, je suis alors entièrement dans ce que je fais, ma conscience est incorporée à l'action. Par contre il est des activités que je laisse à l'automatisme et devenant plus ou moins inconscient du monde, je plonge dans l'ineffable. Parfois je reste immobile, les yeux ouverts ou fermés, je dépasse le monde et j'entre dans le vide. D'autres fois regardant ce qui m'entoure, je m'intègre au monde et je fais corps avec ce qui est contemplé.
Tout ceci se réalise spontanément, sans règles, selon mes envies profondes. Si ces envies profondes me poussent à conserver une régularité dans la pratique d'une discipline spirituelle, si je trouve en cette règle une joie profonde je ne m'en prive pas et je l'accomplis. Ce n'est plus une contrainte et un effort, c'est une libre acceptation. Je médite spontanément et je médite à des moments prédéterminés. Dans l'éveil constant englobant la Connaissance et l'ignorance on constate qu'aucune discipline spirituelle n'est nécessaire. Mais cette absence de nécessité ne signifie pas l'indispensable et définitif abandon de toute discipline. Le dépassement de toute règle n'est pas l'adoption d'une antirègle. L'antirègle n'étant qu'une règle négative.

Je puis adopter l'attitude du serviteur et prier Dieu qui devient alors extérieur à moi et ceci afin que je puisse le servir l'aimer et l'adorer. Je puis également m'identifier à mon essence et savoir que je suis le Seigneur de toute créature. Je puis également demeurer dans la vacuité, tout concept de dévotion ou d'identification transcendante étant dépassé.

Parfois je me sens vivre comme un homme, et parfois je sens que l'homme m'est complètement étranger. À volonté je me retire de l'homme et me dilue dans l'infini ; ou bien je me concentre et me réduis à l'homme.

Je vis en l'homme, mais je peux sentir ma présence en autrui ou en n'importe quel élément de la création.

Le monde peut m'apparaître comme partie intégrante de ce que je suis. Mais à d'autres moments je ne vois en toute chose existant que Dieu seul. L'homme est alors un néant qui n'a jamais existé. Une simple illusion dépourvue de toute réalité.

En vérité, mon Éveil est une absorption constante en Dieu. L’Éveil peut devenir la Connaissance. Mais la constance dont nous parlons se réalise lorsque nous comprenons que tout est Dieu, dès lors où que soit notre attention elle sera fixée sur Dieu. Le Seigneur est ce diamant aux mille facettes dont les éclats se font écho. Adorez-le dans le silence et dans le corps, dans l'action « et dans le repos, dans le mental et dans le coeur, dans le monde et dans le vide. Ne vous accrochez à rien. Ne vous accrochez pas à la Connaissance Transcendante, laissez toute forme de perception et d'attention librement alterner en vous. Allez à votre aise de par le monde.

Toutes les attitudes spirituelles possibles sont pour vous autant de positions de l'esprit que vous adoptez librement et spontanément au sein de chaque journée. Pour vous et pour moi, tout n'est que jeu. Ce jeu est éternel. Cette danse cosmique au sein des abîmes du temps, vous qui n'êtes qu'une facette de moi-même je vous invite à la vivre avec moi. Cessez de vous croire séparé ou limité. Reconnaissez-vous en moi, reconnaissez-moi en vous. Nous sommes UN. Nous sommes la Transcendance et le cosmos. Nous sommes l'individuel et l'universel. Nous sommes le limité et le sans-limite. Voyez la Réalité. Acceptez là. Vivez là, et que toutes les illusions s'écroulent.

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