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APPROCHE DE L'IMMUABLE

Demeurez tranquillement assis pendant que se déroule la vie quotidienne de votre foyer.

Vos enfants sont peut-être là en train de jouer, et il y a peut-être de la musique ... Vous restez ainsi, en contemplant le spectacle existentiel.

Ce spectacle fait de perceptions visuelles, de sons, d'odeurs, de pensées ... Ces perceptions sont celles de tous les jours, mais vous constatez que le simple fait de savoir qu'elles sont un spectacle, et de prêter une attention particulière à leur spectacle global, les accompagne d'une saveur intérieure particulière, subtile et indescriptible.

Il y a en l'instant que nous décrivons une intensité spécifique de la conscience. Cette intensité est une présence calme. Le spectacle n'est pas seul, il y a un spectateur. D'habitude les événements du quotidien absorbent votre attention, vous êtes plongé, immergé en eux, brassé dans leur saveur; et voici que le regard calme et dépassionné que vous êtes en train de leur porter modifie la perspective.

Tout cela, ce logement, ces bruits, ces enfants, ces préoccupations et ces soucis éventuels. Tout cela qui était votre vie, devient le spectacle que vous contemplez. Percevoir en l'instant que la vie est un spectacle, telle est la première expérience à laquelle il faut aboutir. C'est très simple, asseyez-vous et regardez ... Ne faites rien, le faire relève du spectacle, contentez-vous de regarder, de voir avec intensité; regardez le spectacle du corps, qui lui-même voit le spectacle du monde, et fait partie intégrante de lui , contemplez le spectacle des pensées qui vont et viennent. Restez assis, laissez peu-à-peu une grande paix et une grande tranquillité descendre en vous. Devenez un simple regard. Sentez-vous exister en-tant eue Conscience présente et attentive.

Lorsque l'on devient paisible, attentif et silencieux, la Conscience cesse d'être noyée au sein des perceptions.

Une distance apparaît.

Celui qui perçoit et ce qui est perçu deviennent distinct.

Comprenez cela, puis l'ayant compris constatez le : quand vous devenez tranquille et silencieux, vous pouvez vous sentir exister en tant que Conscience spectatrice.

Vous êtes alors un espace intérieur attentif et lucide, il y a vous, il y a cet espace, et il y a les perceptions. Les perceptions du monde, les perceptions du corps, et la perception des pensées.

Cette prise de conscience contient une désidentification spontanée, quelle soit ou ne soit pas formulé mentalement : vous vous sentez être distinct de tout ce que vous percevez c'est la première étape. Cette première étape contient elle-même trois degrés. Des degrés que le débutant doit aborder dans une succession paisible. Le premier consiste à voir le monde extérieur comme spectacle. Le second regarde le corps assis comme étant lui-même un spectacle. Le troisième contemple les pensées comme faisant partie du même spectacle. Lorsque seul le monde extérieur et le corps physique sont perçus comme un spectacle, on se sent exister comme un esprit pensant. Une telle prise de conscience n'est pas libératrice, il faut aller plus loin, être encore plus calme et plus attentif, de manière à constater que les pensées font elle-même partit du spectacle.

Ce spectacle a un coté lumineux et un coté sombre. Le côté lumineux c'est celui des perceptions visuelles. Quand aux pensées, elles se meuvent sur l'envers du tissu phénoménal.

Le coté sombre, l'obscurité en laquelle se développent les cogitations humaines. Apprenez à percevoir l'existence interne et externe comme un spectacle global, puis approfondissez les conséquences de cette compréhension. L'attachement ne peut survivre à un tel approfondissement. L'attachement se produit lorsque la conscience est entraînée par les perceptions humaines, à cause de cet entraînement la voici enfermée en elles, étant enfermée en elles, elle s'assimile au perçu par un phénomène d'intégration. Cette intégration provoque une fixation du sentiment d existence au niveau humain, qui se traduit par la formulation mentale :"Je suis un homme".

Fort de cette affirmation identificatrice, on craint ce que l'homme craint, et on désire ce que l'homme désire. Par contre, lorsque ma conscience n'est pas captivée par le spectacle du monde intérieur et extérieur, je me perçois comme étant distinct des perceptions, me percevant comme distinct, les désirs et les craintes de l'homme ne sont pas miens, ils sont de simples modalités du spectacle. Spectacle que Moi, pure Conscience, je contemple dans une indifférence parfaite. Lorsque les désirs et les craintes de l'homme sont vécus comme des spectacles, ils n'ont pas de racine . Ils n'ont pas de racine car la profondeur consciente de moi-même demeure inaffectée. Il s'ensuit une transformation involontaire au niveau des réactions de l'homme. Les contenus du spectacle se modifient lorsque la conscience demeure spectatrice.

Les désirs et les craintes de l'homme passent devant mon regard intemporel sans trouver d'endroit où s'accrocher, et il en résulte un détachement intégral. A quoi d'ailleurs pourrait-on s'attacher lorsque tout est perçu à la manière d'un spectacle ? Le monde ne parait réel qu'à celui dont la Conscience est captivée. Lorsque le spectacle me captive j'oublie qui je suis, et je m'identifie au héros.

M'identifiant au héros je connais l'âcre saveur des affres de l'angoisse. Je m'imagine perdre certaines choses et en gagner d'autres, car je me trouve à l'intérieur du rêve. Demeurant spectateur, je comprends d'expérience que la vie humaine n'est qu'un tissu de perceptions. La suite coordonnée de ces perceptions forme le grand rêve de l'existence.

C'est un rêve récurrent qui recommence tous les matins, mais qui n'en demeure pas moins une fantasmagorie dénuée de toute réalité profonde.

Ne prenez surtout pas cela comme une affirmation spéculative. Au moment précis où vous sentez que vous êtes le spectateur immatériel du monde extérieur et intérieur, vous percevez que le monde dans son ensemble est irréel, qu'il n'est qu'un mirage projeté sur l'écran sans fond de la Conscience. Le monde n’apparaît réel qu'à celui qui se trouve à l'intérieur de son rêve. Dés que vous sortez dé ce rêve, dés que vous vous Éveillez à votre réalité profonde, en percevant que vous êtes Conscience spectatrice, non inséré dans la trame des perceptions, l'irréalité du monde est pour vous une expérience évidente.

Ne discutez pas au sujet de l'irréalité du monde, apprenez à la percevoir.

Laissez l'usage sans fin du verbe aux philosophes stériles.

Développez en vous une sensibilité méditative, cette sensibilité méditative naît au sein d'un très grand calme, lorsque vous n'êtes plus qu'une conscience attentive au contenu de l'instant qui passe. Voyez l'erreur des ascètes qui, plongés dans le rêve, entrent en lutte contre le rêve lui-même. Le détachement est une douce réalité pour qui se sent exister comme Pure Conscience.

A quoi s'attacher lorsque l'on voit que le conjoints les enfants, la maison ... ne sont que des éléments de la rêverie qui se déroule devant notre intemporelle Conscience ?

On peut rêver tout en sachant qu'il s'agit d'un rêve.

Telle est l'attitude que vous devez chercher à acquérir au sein de la vie quotidienne.

Vivez chaque journée comme le passage d'un songe relié aux songes précédents. Une grande douceur s'installera en vous. Percevant le songe des jours, percevant l'homme agir et penser en ce songe, vous demeurez intérieurement dans les abîmes d'une paix parfaite. Considérons donc que vous avez atteint la première étape.

L'homme est tranquillement assis avec un livre posé devant lui, et vous vous sentez exister en tant que présence immatérielle et consciente. Vous êtes ce quelque chose d'impalpable qui, à l'instant même, perçoit le monde des choses et le monde des pensées. Vous existez et vous sentez votre pure existence. Vous percevez le simple fait d'Etre, qui telle une évidence généralement ignorée demeure derrière les perceptions physiques et mentales.

C'est la première étape : vous êtes attentif au perçu, et vous sentez peut-être confusément que quelque chose perçoit.

La deuxième étape consiste à diriger l'attention sur le percipient.

On peut y parvenir en se posant la question qui suis-je ?

Qui suis-je moi qui en cet instant même perçois le monde extérieur, le corps et les pensées ?

D'évidence je ne puis être ce que je perçois, je suis nécessairement celui qui perçoit.

Qui suis-je alors ?

Je suis ce qui perçoit, mais qu'est-ce-qui perçoit ?

Quelle est la nature de ce témoin du monde physique et du monde psychique ?

Je ne puis répondre mentalement à cette question, puisque toute pensée ne fait que s'inscrire au sein du perçu. Je ne puis répondre à cette question qu'en tâtonnant au sein d'une sensation interne, peut-être imprécise au début.

Dirigeant toute mon attention sur ce que je suis, lorsque je me sens être spectateur. M'intériorisant de la sorte, peu-à-peu, la perception de ce que je suis, répondra à la question qui suis-je ?

Je suis Conscience légère et pure, mais je ne suis pas la conscience de ceci ou cela. Je suis la Conscience en elle-même, et cette conscience en elle-même est un vide, un infini. Dirigeant mon attention vers elle je me sens devenir immense. L'univers entier n'est qu'une bulle éphémère surgissant au sein de ce vide sans fond. Je suis cela.

Cette Réalité sans borne, impalpable, incommensurable, ineffable. Je suis ce vide conscient plein d'une béatitude qui dépasse la joie. Je n'ai ni forme, ni contour, ni mouvement. J'emplis la totalité de l'abîme. Je suis totalement immatériel et intemporel. Je suis cela, que ceux qui, plongés dans le rêve, ont appelé Dieu, car ils ressentaient obscurément une présence infinie et englobante.

Je ne suis ni un homme, ni une âme, ni un esprit incarné ou désincarné. Je n'ai ni naissance, ni mort, ni corps physique, ni corps psychique.

Je suis la plénitude sans fin du vide éternel. Je suis Etre Pur, Conscience Pure, et suprême Béatitude.

Ayant compris cela, possédant à ce sujet une connaissance ferme et véritable, je prête à nouveau attention au monde que j'avais oublié.

Le spectacle du quotidien continue à se dérouler ... Les enfants ont peut-être cessé de jouer et maintenant ils ont faim, le corps est un peu ankylosé et la musique s'est arrêtée ... Percevant tout cela, je constate que derrière le spectacle du monde le vide sans fond demeure. Alors je me lève, je fais à manger, je parle aux enfants ... et pendant ce temps là l'ineffable plénitude demeure.

Peu-à-peu, au fil des jours, et grâce à une volonté paisible et persévérante, soutenue par .des moments de quotidienne méditation, je m'aperçois que je puis demeurer conscient du vide à chaque instant. Aucune espèce d'activité ne peut me séparer de Lui. Il demeure constamment présent, et sa perception, et l'immersion en Lui constitue une telle béatitude, que plus rien d'autre ne saurait être désiré Voici le travail auquel vous êtes conviés: par la méditation découvrez votre éternelle nature profonde, et apprenez à vous immerger totalement en Elle.

Par une volonté, une aspiration, et un rappel constant, efforcez-vous de demeurer aussi longtemps que possible, à de multiples reprises, et au sein de toutes les espèces d'activités humaines, conscient de votre Réalité transcendante.

Pour méditer il suffit de s'asseoir et de devenir le spectateur. La méditation les yeux fermés aide le débutant à mieux plonger dans le vide, mais il ne faut pas se limiter à cette pratique, car la méditation les yeux ouverts a pour inestimable avantage de vous permettre de constater que le vide et perpétuellement présent, et qu'il n'est pas nécessaire de ne plus percevoir le monde, et d'arrêter le mentale pour s'immerger dans sa Réalité.

A chaque instant il y a le vide et il y a les perceptions.

Voilà ce qu'il faut constater pour ne pas être séparé du vide. Aboutir au vide en cessant de percevoir le monde .et en arrêtant les pensées, est une voie restrictive.

Le vide demeure que l'homme pense ou ne pense pas. Il demeure, que. les perceptions physiques soient douloureuses ou agréables. Il demeure dans le sommeil profond, le rêve ou l'état de veille.

Voilà ce dont il faut devenir conscient. Apprenez donc à percevoir le vide au sein de toutes activités.

Peu-à-peu vous saurez, de plus en plus fortement, que l'homme bouge, agit, se déplace et pense, alors que vous demeurez immuable, en votre plénitude impalpable.

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