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APPROCHE DE LA DESIDENTIFICATION

Il faut empêcher notre « Je » de se projeter vers l’extérieur.

De s’assimiler et de s’identifier faussement à ce qui, pour lui, n’est qu’objet de perception.

En l’état d’Éveil, nous percevons les pensées, nous percevons les sentiments, nous percevons les sensations corporelles, nous percevons les choses qui nous entourent, rien n’est changé dans la nature de ce qui est perçu. Simplement, le Je ne s’identifie plus. Ce corps n’est pas moi, ces sentiments ne sont pas moi, ces pensées ne sont pas moi.

Tout cela constitue les enveloppes concentriques de la personnalité humaine, au centre desquelles se trouve ma véritable nature qui est pure Conscience.

La différence fondamentale qui sépare l’Éveil du non-Éveil réside en ceci : derrière toutes les perceptions internes et externes, je reste conscient du fait d’être pure Conscience qui observe l’homme penser, ressentir ou agir. Je ne suis plus l’homme qui pense, qui ressent ou qui agit, je suis la pure Conscience observatrice.

Cette compréhension peut être spontanée et implicite ou bien raisonnée et délibérément formulée. Lorsque l’Éveil est devenu pour nous un état, d’être naturel, formulation mentale ou verbale et raisonnement disparaît. La désidentification est alors une évidence constante et implicite qui imprègne la totalité de notre vécu.

Cependant, aussi longtemps que nous ne sommes pas parvenus à trouver en l’Éveil notre état d’esprit naturel, il nous faut travailler sur le chemin de l’Éveil. Dans ce travail, nous utiliserons délibérément l’observation de l’homme et le raisonnement désidentificateur.

L’identification est un schéma mental subjectif qui, par la puissance de l’habitude, s’est enraciné jusqu’à devenir un automatisme. Il est donc nécessaire d’utiliser une contre-suggestion désidentificatrice chaque fois que nous constatons la présence d’une pensée identificatrice.

Répétez intérieurement « je ne suis pas cette pensée, ce sentiment, cette sensation ou cette action. Je suis le Témoin silencieux et immuable ».

Ayant formulé cela, devenez intérieurement silencieux et cherchez à vous percevoir en tant que Témoin. Utilisez ce genre de suggestion désidentificatrice, non point pour vous enfermer dans une répétition mécanique et stupide, mais pour, chaque fois que vous les utilisez, vous aider à sentir votre Identité spectatrice.

Utilisez le raisonnement désidentificateur jusqu’à ce que le Silence contemplateur, demeurant à l’arrière-plan du vécu, soit devenu votre état naturel. Votre identité véritable qui est votre Soi, votre Moi profond, c’est le silence éternel de la Conscience infinie. Vivez cela et oubliez les livres.

En travaillant systématiquement à nous désidentifier de la personnalité humaine, nous faisons place nette pour l’Éveil. L’identification chasse l’Éveil. Moins il y a d’identification, plus il y a d’Éveil. Que faut-il faire ? Il faut nous surveiller, de manière à nous surprendre en flagrant délit d’identification corporelle, sentimentale ou mentale. Il s’agit de nous surprendre en train de penser au corps ou aux sensations qu’il ressent, comme étant nous-mêmes ; de nous surprendre en train de nous confondre avec un corps et, lorsque nous nous surprenons de la sorte, de bien observer le mécanisme mental qui est l’auteur de cette identification, pour acquérir une connaissance profonde du mécanisme en question.

Ne cherchons pas à supprimer brutalement ce mécanisme. Observons-le et, parallèlement à son observation, prenons conscience de notre véritable nature, faite de Conscience et non de corporalité, de manière à dénoncer l’imposture. Ce mécanisme d'identification est basé sur l’ignorance, l’inconscience et l'automatisme.

C’est pourquoi il est incapable de supporter une observation lucide et intelligente. Plus nous l’observons, plus nous le connaissons et plus ses manifestations deviennent velléitaires, jusqu’à finir, un jour, par disparaître.

Saisissez bien la nuance : percevoir des sensations est normal et cela n’engendre pas l’ignorance métaphysique.

Ce qu’il faut, c’est surprendre notre esprit en train de s’identifier au corps et aux sensations.

La perception doit être laissée intacte, c’est l’identification qui doit être tranchée sans violence.

La même chose doit être réalisée vis-à-vis des sentiments. Observer les sentiments c’est bien, mais, ce qui importe, c’est de voir le moment où nous pensons « je » en présence d’une manifestation sentimentale quelconque.

Nous plaquons cette étiquette sur un phénomène intérieur qui n’a, en vérité, nul besoin de ce genre d’écriteau. Laissons le sentiment s’exprimer, mais prenons conscience de l’inutilité, puis du leurre, qu’il y a de s’identifier aux phénomènes sentimentaux qui s’élaborent, jaillissent et décroissent dans cet espace clos que constitue la personnalité humaine.

Identique attitude en face des pensées. Elles ne doivent pas être brimées. Les pensées sont nécessaires et utiles. Ce qu’il faut, c’est prendre conscience de l’instant où nous nous attribuons la paternité de certaines pensées, le moment où nous croyons : je pense ceci ou cela, de manière à réaliser l’erreur qui se produit.

Au sein du magma psychique s’élève une pensée d’identification et cette pensée déclare, en désignant une autre pensée ou un groupe de pensées, que ces dernières constituent ce que nous sommes.

Telle est la tromperie à laquelle il faut cesser de succomber.

En réalité, ce sont les pensées qui pensent. Pensées, sensations et sentiments font partie du spectacle que contemple la Conscience.

De même que nous ne sommes pas le spectacle du monde extérieur, nous ne sommes pas le spectacle du monde intérieur.

Nous sommes le spectateur.

Comprendre cela au sein de la vie quotidienne et le réaliser en tant qu’expérience vécue, c’est se désidentifier. Par la désidentification, nous ne nous disons plus « j’ai faim », mais « un certain processus en moi exprime la faim. Ou, pour être plus bref « en moi, il y a la faim ». Nous ne constatons plus « ceci me répugne », mais, « en moi, se manifeste une répulsion pour telle ou telle chose ». De même, il ne s’agit plus de croire que nous aimons telle ou telle personne, mais de sentir un phénomène d’amour se manifester.

Il ne s’agit plus de se dire intérieurement « je pense ceci, je connais cela, je crois cela... », mais, « en moi, un processus mental pense, connaît, croit telle ou telle chose ».

La désidentification ne se réalise pas grâce à l’inattention vis-à-vis du corps et du mental.

C’est, au contraire, en ayant une conscience intense du corps et des mouvements du mental que, peu à peu, se développe en vous une sensation de distance entre ce que vous ÊTES et ce que vous observez.

En vous désidentifiant, vous ne fuyez pas la réalité incarnée, au contraire.

C’est en étant attentif à elle que vous comprenez qu’elle ne peut être vous-mêmes. Seul celui qui demeure attentif et lucide peut voir ce qui EST. La désidentification est un travail intérieur et non extérieur. Il est normal dans le langage de continuer à, conventionnellement, employer le pronom « je » pour désigner les activités physiques et mentales de l’homme.

Vouloir systématiquement cesser d’utiliser ce pronom et parler de nous à la troisième personne, donnerait à nos propos une allure bien étrange pour autrui et risquerait de devenir une simple attitude de façade. Ce qu’il faut, c’est prendre conscience et dissiper le processus mental de l’identification. Il n’est pas gênant d’utiliser le pronom « je » dans la mesure où nous savons, au moment où nous l’employons, que le « je » désigne la personnalité humaine et non point ce que nous sommes.

Sans parler un langage énigmatique et farfelu, il se peut cependant qu’une certaine modification dans le choix des termes couramment utilisés résulte de notre travail intérieur de désidentification. La petite enfance n’est rien d’autre qu’une prise de conscience progressive du corps et du monde extérieur, prise de conscience s’accompagnant d’identification.

Par cette identification, l’ego se forme tandis que, par ailleurs, au sein de la Conscience globale de l’Être, la focalisation en un point du temps et de l’espace d’une conscience individualisée est apparue. Ceci peut être appelé l’involution au sein de la phénoménologie existentielle.

Cette involution est absolument nécessaire. Sans elle, l’individualisation n’est pas achevée.

C'est d’ailleurs le cas de certains débiles mentaux qui manquent d’identification corporelle. Ils sont plus ou moins inconscients de leur propre corps. La phase involutive étant chez eux inachevée, la phase évolutive ne peut avoir lieu et toute Réalisation spirituelle leur est inaccessible.

Grâce à l’identification de la petite enfance, vous êtes devenu une individualité.

Cependant, cette individualité est misérablement enfermée sur elle-même.

L’ego est une prison.

Voici pourquoi, ayant involué, il vous faut évoluer. Et, pour ce faire, casser la gangue identificatrice de l’ego. Évoluer, ce n’est pas revenir au point de départ qui était antérieur à l’involution.

Par l’involution, l’individualisation apparaît, mais elle s’accompagne nécessairement de la séparation d’avec la globalité de l’Être. Cette séparation n’est cependant qu’un voile, un brouillard mental. En vous désidentifiant, puis en plongeant dans le Vide et le Silence infinis de l’Être, vous levez le voile de l’ignorance métaphysique.

Ceci est le processus de l’évolution et, par l’évolution spirituelle, l'individualité, tout en conservant son individualisation, réalise que la focalisation en un point du temps et de l'espace de la Conscience de l'Être éternel, focalisation qui éclaire l'instant présent et lui donne existence, constitue sa véritable identité. Étant donné que la conscience focalisée et la Conscience absolue sont de même nature et ne connaissent pas de séparation, vivre cela, c'est la grâce de la Rédemption par laquelle on participe à la globalité du Transcendant. Issus de l’Être divin, vous retournerez à Lui.

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