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APPROCHE DE LA RUPTURE DES LIENS

Où sont donc passés tous les actes que vous avez accomplis depuis votre enfance ?

Que reste-t-il de tous ces projets, de tous ces enthousiasmes ?

Que reste-t-il des désirs qui vous ont habité et des échecs que vous avez vécus ?

En quel abîme tout cela s'est-il englouti ?

Parmi la multiplicité des choses que vous avez chéries ou redoutées, quelques-unes surnagent peut-être encore et peuplent votre vie actuelle.

Mais, combien ont disparu à jamais ?

Mais lorsque nous commençons à dépasser le, ou les systèmes spirituels auxquels nous avons adhéré, nous cessons de voir les choses d'une manière dualiste. Il nous apparaît : que tout est spirituel, tout est sacré, tout est pur, tout est initiatique, tout est Divin...

De ce fait, nous cessons de savoir ce que spirituel, sacré, pur, initiatique, Divin, et autres termes peuvent bien vouloir dire.

De même, plus les choses de l'Éveil s'intègrent en nous, plus les notions d'Éveil, de réalisation, d'illumination, perdent le grand intérêt qu’elles avaient pour nous.

La vie en sa simplicité nous paraît de plus en plus suffire, tout contenir, et tout englober.

Ainsi, la nécessité de l'entrée dans les systèmes artificiels de la spiritualité s'accompagne, de la nécessité de parvenir à dépasser lesdits systèmes.

Il y a donc problème, lorsque les systèmes en question ne contenant pas leur propre dépassement, prétendent être une fin en eux-mêmes ; ou bien lorsque l'individu n'est pas capable de briser leurs attaches trompeuses.

À mesure que nous sortons des systèmes idéologiques, l'extraordinaire stupidité qui était la nôtre nous remplit d'incrédulité.

Cette incrédulité devient stupeur, devant la masse d'illusions ignorante qui pèse sur l'ensemble des hommes.

Puis on s'habitue à cet état de choses, tandis que l'on constate que l'Éveil, l'illumination, la réalisation spirituelle n'existent pas.

Ce n'était que des mots, destinés à vous aider à sortir de l'ignorance.

Maintenant vous n'avez plus besoin des mots.

Que vous reste-t-il ?

La vie, la simple vie infinie.

La vie profonde, sans souci, sans regret, sans attachement au passé, sans angoisses du futur.

La vie en l'heureuse plénitude des jours qui passent.

Oui vraiment, lorsque l'on saute de l'autre côté du mur, le mur cesse d'exister, et on sait que l'Éveil et la Spiritualité n'existent pas.

L'Éveil et la spiritualité sont une illusion, qui aide à percer le mur des illusions, puisse-t-il en être ainsi pour vous.

Vivre, c'est exister, et tout ce qui existe participe à l'Être, duquel on ne peut rien dire.

Ainsi, la quête spirituelle aboutit à une connaissance totalement informulable, qui est négation de toute espèce de formulation.

Il nous apparaît donc que les notions de Dieu, de la spiritualité, de l'initiation, sont intrinsèques à l'état d'ignorance dans lequel nous étions.

Car lorsque nous finissons, par profondément, véritablement, et intégralement savoir, que seul l'Être est, il n'y a plus rien à dire, et tout concept est faux.

Il n'y a plus aucun système à suivre, à approfondir ou à croire, et nous restons en paix, au sein de la manifestation existentielle qui est la nôtre.

 

Le temps efface tout.

Pansez aux choses et aux êtres qui autrefois vous ont passionné et qui aujourd'hui vous laissent indifférent.

Combien, combien de choses qui vous ont paru primordiales et exaltantes ne sont plus aujourd'hui qu'un vague souvenir éventé ?

À quoi tout cela a-t-il servi ?

Toutes ces agitations, cas désirs, ces craintes, tous ces contenus du passé, à quoi ont-ils servi ?

La vie a continué et, avec le recul, vous devez voir l'inutilité de toutes les passions mortes.

Il ne reste que des souvenirs.

Et au cours des années, les souvenirs se décolorent, se désagrègent peu à peu.

Venue du néant et du vide d'avant la naissance, votre vie à mesure que les souvenirs disparaissent, retourne faire le même vide et le même néant.

Comme un songe qui passe, votre existence ne laisse aucune trace dans l'Espace.

Voici la vérité la plus dure à comprendre : la vie humaine n'a pas de but, pas de finalité, pas de nécessité, c'est une rêverie inutile qui traverse le champ de votre Conscience immaculée.

La Réalisation spirituelle n'est-elle pas le seul but valable, dites-vous ?

Voici l'ultime secret : la Réalisation spirituelle est un hochet pour les enfants ; En vérité, il n'y a pas de Réalisation spirituelle.

Le désir de Réalisation spirituelle n'est qu'une des ambitions absurdes qui traversent la rêverie démente dans laquelle vous êtes plongé.

II n'y a pas de Réalisation spirituelle, car il n'y a rien à réaliser.

Nous sommes de toute Éternité la pure Conscience et nous ne pouvons d'aucune manière, le devenir.

On ne peut devenir ce que l'on est déjà.

De son côté, l'illusion du monde, est une simple illusion, qui n'a aucune chance de devenir autre chose qu'une illusion, et en laquelle il n'y a rien à réaliser.

La seule question qui subsiste, c'est : êtes-vous captivé par cette illusion, séduit par elle, hypnotisé par elle, enchaîné par elle ?

Ou bien : demeurez-vous libre et détaché vis-à-vis de cette fantasmagorie ?

Pour ne pas être séduit et captivé par l'illusion du monda, il n'y a pas d'autre moyen que la culture, d'une lucidité acide, en laquelle on comprend, d'une manière profonde et définitive, que cette illusion n'a aucune valeur, aucune finalité, aucun but.

C'est une absurdité gratuite, en laquelle il n'y a aucune conquête spirituelle à effectuer.

Cette prise de Conscience et le détachement qu'elle engendre, c'est la Réalisation spirituelle.

La vraie Réalisation et la vrais Spiritualité se situent en dehors des illusions de la vie.

Voyez donc le piège subtil que vous tend le mental trompeur : Il veut vous faire croire que la Réalisation et la Spiritualité se situent dans la vie individuelle.

Si vous croyez cela, vous ne faites que renforcer votre emprisonnement dans l'illusion de la vie individuelle.

Par un tour de passe-passe du mental, le moyen de libération est devenu une prison de plus.

Il y a longtemps que la Spiritualité, au lieu de libérer, est devenue une façon particulière de s'emprisonner dans l'illusion du monde.

On en voit, possédés et habités par les désirs et les illusions de l'argent, de la sexualité, du confort, du pouvoir, de la violence... et, parmi tous ces gens-là, il en est d'autres qui sont les dupes du désir et des illusions de la rechercha spirituelle et de l'aspiration à la Réalisation Divine.

Ne croyez pas que les seconds sont supérieurs aux autres.

Tous, et au même titre, sont noyés et omnibulés dans les replis de l'illusion dévoratrice.

Il se peut que tout cela soit pour vous dur à admettre.

Tous vos efforts spirituels.

Toute cette ambition.

Cette vocation.

Toutes ces expériences.

Tous ces désirs et ces rêveries spirituels font partie intégrante de l'illusion. Ils sont la forme du piège dans lequel vous êtes tombé. Ils ne mènent pas à la Libération.

La vraie Libération, c'est le rejet définitif du fatras dg toutes les ambitions, les espérances, de tous les attachements, de toutes les passions, de tous les buts... Cela est la seule vraie Libération.

Que vous soyez enfermé dans une rêverie d'homme d'affaires, de politicien, de brave père ou mère de famille, d'obsédé sexuel, d'artiste, de chercheur scientifique ou de pratiquant spirituel, vous êtes enfermé dans la même illusion mondaine. Comprenez cela.

Acceptez-le.

Même si cela fait s'écrouler le château de cartes de toutes vos croyances.

Acceptez-le et soyez confronta au dénuement total, et à l'inutilité parfaite.

S'il en est ainsi, pourquoi avoir vous-même parlé de recherche spirituelle, nous demandez-vous ?

Toute la difficulté de l'enseignement spirituel réside dans le fait qu'il faut parler au sein de l'illusion commune.

Certaines paroles ne parviennent pas à percer le mur épais et élastique de l'illusion en laquelle sont emprisonnés les gens.

Quelque chose de totalement étranger à l'illusion rebondit sur sa surface et ne pénètre pas le mental d'autrui.

Il est donc nécessaire d'utiliser des propos vis-à-vis desquels le cocon d'illusion en lequel chacun est enfermé soit perméable.

On peut ainsi, par une série d'étapes et de répétitions, parvenir à éclaircir l'opacité de l'illusion.

En enseignant aux gens à rechercher la spiritualité à l'intérieur de leur vie individuelle.

En faisant de la spiritualité, le but de leur vie. D'une part, on les maintient dans leur illusion, mais, d'autre part, on leur permet d'éclaircir les ténèbres de leur ignorance.

Alors, certains d'entre eux, à un moment donné, peuvent comprendre la Vérité finale.

Une maturation s'est produite en eux, et ils peuvent sortir du labyrinthe mental.

Cette Vérité finale est simple.

Peut-être, à l'instant même, allez-vous la recevoir comme une révélation définitive.

Voici la Vérité au-delà de quoi il n'y a rien : II n'y a pas de Réalisation à obtenir, car vous êtes Réalisé depuis toujours.

La vie individuelle est une illusion pure et simple qui ne contient aucune Vérité.

Rien de ce qui peut être fait ou de ce qui peut ne pas être fait par l'homme, ne vous rapprochera de la Vérité.

La Vérité est celle de l'immensité de votre Conscience immuable.

Cette Conscience n'est pas quelque chose que vous puissiez obtenir.

Elle est depuis toujours et demeurera à jamais votre Véritable Nature.

Ce que l'on appelle la spiritualité, comme toutes lasses actions, les sentiments, et les pensées humaines, constituent la trame du rêve illusoire de l'existence individuelle.

Jamais, jamais, jamais, le rêve quel qu'il soit, ne conduit à la Réalité.

Priez Dieu, Étudiez la spiritualité, Pratiquez. la méditation, Enseignez la spiritualité, consiste simplement à rêver d'une certaine manière.

Qu'importe que votre rêve soit habité par des notions spirituelles, militaires, politiques ou financières.

Pouvez-vous comprendre, une fois pour toutes, que la libération consiste à cesser d'être dupe de vos rêves.

C'est en cela que consiste la Libération et la vraie Réalisation : à cesser d'être dupé par vos rêves.

Il est vrai qu'il n'y a rien à réaliser et à obtenir, car, vous êtes depuis toujours et à jamais : L'IMMENSITÉ INFINIE ET INDÉFINISSABLE DE LA CONSCIENCE.

Mais il est également vrai qu'il y a une Réalisation.

Une Réalisation qui ne fabrique rien, et n'obtient rien de nouveau, mais en laquelle on dissipe l'emprise de l'illusion, et où on se rappelle ce que l'on est depuis toujours.

Dissiper l'illusion, c'est cesser d'âtre dupe.

Les rêveries humaines ne sont qu'un reflet coloré qui traversent notre Infinitude.

Si elles engendrent le voile de l'ignorance qui nous fait oublier ce que nous sommes, ce n'est pas à cause d'une puissance qui leur serait inhérente.

C'est parce que nous nous identifions, nous nous attachons, et nous nous passionnons pour elles.

C'est en nous que réside la force d'ignorance.

C'est nous qui mous sommes plongés dans l'ignorance.

Pour redevenir libre, il faut donc nous déprendre des choses de ce monde.

La clef et la preuve de la Réalisation c'est le détachement.

Non pas un détachement théorique, mais un détachement effectif qui coupera tous les liens.

Vu de l'extérieur, avec un regard de profane, ce détachement peut paraître terrible et inhumain.

Il l'est probablement.

Car, ce qui est humain, se caractérise par la faiblesse et le relâchement intérieur da l'attachement.

Si vous voulez être libre et vous tenir debout, il faut briser tous vos liens d'attachements affectifs et intellectuels.

Pour parvenir à ce détachement, il faut vous dégoûter de tout.

Comprendra que tout est vanité et poursuite de vent. Que tout est sans but, sans cause et sans Finalité.

Vous avez cultivé des pensées contraires.

Vous avez construit des valeurs.

Vous croyez en l'importance de ces valeurs.

Mais, si vous voulez briser les liens qui vous enchaînent à la condition humaine, il vous faut réaliser que la seule Réalité c'est le vide sans Fond de la Conscience et, que toutes les valeurs humaines sont des reflets trompeurs au sein de l'illusion.

Tant que vous ne ressentirez pas, en profondeur, la réalité de cette vérité, vous ne serez pas détaché.

Si quelque chose en vous se rebelle, s'offusque ou résiste vis-à-vis de la reconnaissance de l'inanité de toutes les valeurs humaines, sachez que cette résistance est la racine de l'attachement que vous devez dissoudra.

Le détachement qui est l'indifférence totale vis-à-vis de toutes les valeurs humaines et de toutes les aspirations conçues par l'homme présuppose que l'on ait préalablement imprégné son existence par une démarche et une pratique spirituelle sérieuse et intense.

Pourquoi ?

Parce que, celui qui comprend le caractère éphémère, relatif, illusoire et vain de l'existence humaine, mais qui n'est pas enraciné dans une démarche spirituelle, aboutirait simplement à une philosophie pessimiste et sceptique.

Puis, surmontant quelques crises dépressives ou mélancoliques, il en arrivera à la conclusion que l'on doit user de cette via pour satisfaire ses désirs et jouir de l'existence, dans la mesure du possible. Inutile de dire qu'il n'y a aucune Réalisation en une telle position.

Ce que nous proposons est tout autre : Il faut totalement vous dégoûter des passions et ambitions humaines afin de pouvoir vous enraciner, d'une façon stable, dans ce que vous êtes véritablement, c'est-à-dire le Témoin inaffecté du monde, qui regarde toute chose depuis l'abîme des espaces intérieurs.

En d'autres termes, si vous perdez vos illusions sur la vie humaine, ses valeurs, ses idées et ses aspirations, sans qu'il y est chez vous au moins un commencement de dépassement de la petite personnalité égotique, cela n'aboutit qu'au cynisme et à l'égocentrisme.

Par contre, si vous perdez toute illusion sur la valeur de l'existence.

Si vous comprenez sa nullité et que, parallèlement à cela, vous vous enracinez dans les immensités de votre Conscience Témoin, c'est la Libération.

Deux choses sont donc requises : La Connaissance du Soi et le Détachement.

Quant au désenchantement vis-à-vis da l'existence humaine, c'est un moyen d'obtenir le détachement.

Mettre Fin à un enchantement, c'est sortir d'un maléfice.

L'enchantement du monde est comme une toile d'araignée, qui ne brise pas ses fils servira de pâture.

Plusieurs lignes de réflexion et de prises de conscience peuvent vous amener au détachement libérateur.

Comment peut-on s'imaginer être à la fois libre et attaché ?

Quiconque est attaché est prisonnier.

Seul, celui qui se détache de tous liens est libre.

Ne voyez pas la perspective du détachement comme la nécessité d'un ascétisme morose et frustrant.

Réveillez votre dignité, réveillez votre énergie et désirez âtre libre.

Le désir du détachement est le seul désir qui n'enchaîne à rien.

Prenez conscience que tout attachement à un être, à une situation, à une possession, à une idée, vous enchaîne et fait de vous un esclave.

Désirez-vous, oui ou non, vous libérer de tout lien ?

C'est dur ?

Pour qui est-ce dur ?

Certainement pas pour la Conscience Témoin qui est devenue aveugle à cause du voile des passions humaines.

Le déchirement libérateur du voile ne constitue une souffrance que pour le voile.

C'est assurément dur pour le petit homme inscrit dans la trame du voilé, qui a construit sa vie sur des attachements et des affections mesquines et égocentriques.

Les affections du petit homme sont des maladies.

Et puis, que vous importe les souffrances ou les plaisirs de cette petite larve humaine, dont la médiocrité dépasse tout ce qui est descriptible.

Vous n'avez rien à voir avec lui.

Ce n'est pour vous qu'un véhicula et un instrument de perception et d'action que vous habitez temporairement.

Revenez à vous-même.

Cessez de vous identifier à cet animal.

Ayant conscience de votre Divine Dignité, brisez impitoyablement tout lien affectif et tout attachement ressenti par cet homme.

Cessez de vous laisser diriger par votre monture.

Dressez-vous sur vos étriers, saisissez les rênes avec une poigne solide.

Si nécessaire, enfoncez vos éperons dans les flancs de l'animal et cravachez-le.

Mais de grâce, soyez le Maître.

Que votre volonté soit dure et inflexible.

Désormais, servez-vous de lui, mais ne vous laissez plus diriger par lui.

Ne le maltraitez pas inutilement, mais, faites-vous obéir.

Comment peut-on tuer tout attachement ?

De deux manières :

- d'une manière visible, en se séparant du contact matériel avec ce qui nous enchaîna. Qu'il s'agisse d'une personne, d'une possession, ou bien d'une façon de vivre.

- d'une manière invisible, en refusant le développement et l'entretien de pensées d'attachement, et en cultivant volontairement en place des pensées de détachement et d'indifférence.

Nous parlons de pensées d'attachement et non point de sentiments.

Car les sentiments découlent des pensées.

C'est parce que vous pensez à quelqu'un avec attachement que des émotions et des sentiments d'attachement sont ressentis.

Si vous coupez les pensées d'attachement, vous brisez la racine des émotions et sentiments de même nature.

Réalisez l'impermanence de toute chose.

Les plus grandes affections s'émoussent.

C'est une question de siècle.

Si certaines durent toute la vie, c'est simplement, parce que celle-ci est trop courte.

Toutes les passions sont éphémères.

Toutes les entreprises humaines sont dérisoires, vis-à-vis du fleuve du temps.

La vie humaine n'est qu'un songe illusoire dépourvu de réalité.

Vous vivez un rêve, dont bientôt, la mort viendra vous sortir.

Vous croyez avoir connu des gens, mais, en réalité, vous n'avez jamais rencontré personne.

Tout ce que vous avez perçu, ce sont vos propres créations mentales dépourvues de réalité.

La vie est un rêve.

Ce n'est rien d'autre.

Vous êtes seul.

Dans votre Éternité, vide et bienheureuse.

Vous n'avez jamais rencontré une personne réelle.

Vous ne côtoyez que les personnages de votre rêve.

Ils n'ont aucune réalité.

Acceptez cela.

Et, connaissez la douleur libératrice en laquelle se dissolvent tous les attachements.

Vous n'avez jamais rien possédé.

Vos possessions sont les châteaux d'un rêveur.

Au petit matin, tout ce que l'on a acquis, avec effort à l'intérieur du rêve, s'efface comme une fumée qui s'effiloche dans le ciel.

Vous n'avez jamais rien fait, accompli ou entrepris.

Toutes les actions se trouvent dans le scénario du rêve.

Vous êtes un simple spectateur, éternel, non agissant.

Captivé par l'intrigue du spectacle, le spectateur oublie qui il est.

Il s'identifie au héros.

Son coeur bat d'émotion ; il pleure, il rit, mais tout cela n'est qu'illusion.

Lorsque le rideau tombe, il comprend qu'il n'a rien vécu, et qu'il est resté dans son immuabilité spectatrice.

Ainsi, pour se détacher il n'y a pas d'effort ascétique à faire.

Il suffit de dissiper les illusions.

De cultiver la lucidité.

De prendre conscience de ce que vous êtes.

Si je fais cela, à quoi bon continuer à travailler, nourrir mes enfants, payer des impôts ?

Puisque, en réalité, il s'agit du rêve du travail, du rêve des enfants et du rêve des impôts ?

C'est vrai, lorsque la prise de conscience du détachement descend sur vous, rien ne vous oblige à continuer.

Vous pouvez partir sur la route, comme l'enseigne le Christ.

Comme le font les sannyasins en Inde, c'est une possibilité.

Et, si vous le faites, qu'importe ce que dans le rêve diront ou feront les autres.

Vous êtes béni, vous êtes libre.

Et votre gloire intérieure dépasse toute description.

Mais le renoncement extérieur n'est pas obligatoire.

Ce qui est indispensable, c'est le renoncement intérieur.

Il n'est pas obligatoire, car, si vous partez sur la route, le rêve continu, au même titre que si vous restiez chez vous.

Sur les routes, certains éléments du rêve seront différents.

Mais, si vous allez vivre dans la foret amazonienne, le rêve serait également différent.

Modifier quelques aspects du rêve, ce n'est certes pas la Libération.

La Libération consiste à rester parfaitement détaché, et à ne plus vous laisser captiver par les éléments du rêve, quel qu'il soit.

Vous pouvez être libéré, en vivant sur les routes, ou bien en demeurant chez vous.

C'est égal.

Le choix à ce niveau est un élément secondaire, qui résulte des prédispositions de l'homme.

Si celui-ci n'est pas fait pour rester dans une maison et avoir un travail régulier.

Si le dénuement matériel aide au détachement intérieur : il faut partir. Par contre, si les prédispositions et les devoirs humains insistent à rester chez soi : il faut rester chez soi.

Il s'agit d'un problème contingent, qui ne vous concerne pas, et relève des caractéristiques du véhicule humain que vous habitez.

Ce qu'il faut, que votre renoncement à l'illusion du monde soit intérieur et extérieur, ou purement intérieur, c'est cultiver une suprême indifférence.

Soyez indifférent à ce que vous faites.

Ni désir, ni appréhension.

Soyez indifférent à ce qui vous arrive.

Soyez indifférent dans vos relations.

Aimez tout le monde, mais ne vous attachez à personne.

Soyez indifférent à la mort, à la maladie, et à la souffrance.

La vôtre et celle des autres.

Soyez indifférent à l'activité et à l'inactivité.

Pas d'attachement à l'activité, pas d'attachement à l'inactivité.

Que l'homme fasse ce que sa conscience morale et ses prédispositions, ainsi que l'inspiration lui dicte.

Mais, ne vous attachez à aucune des entreprises qu'il accomplit.

Le succès ou l'échec ne sont que des scénarios différents du rêve.

Les gens, les circonstances, et les événements ne sont que les éléments du rêve.

Rien n'a de réalité profonde.

Restez conscient de cela d'une manière permanente.

Installez-vous dans cette prise de conscience.

Perdez tous vos attachements.

Brisez toutes vos affections, pour ne laisser subsister qu'un Amour impersonnel et généralisé, qui ne s'accroche à aucun individu particulier.

Qu'importe si cela est dur et vous coûte quelques larmes.

Coupez tous les liens.

Alors, vous serez pauvre en esprit, vide et nu.

Alors, vous serez Libre.

L'espace vous appartiendra.

L'Eternité vous appartiendra.

Vous serez béni et vous bénirez autrui.

Votre Gloire intérieure dépassera toute description.

Et puis, vous finirez par réaliser que ce détachement, ce fier effort vers la Liberté, tout ce que nous venons de décrire, fait également partie du rêve.

En réalité, pour vous il ne se passe rien, il ne s'est jamais rien passé.

Il n’y a, ni emprisonnement, ni libération.

Tout cela fait partie du spectacle.

Vous êtes le spectateur au-delà de toute idée d'emprisonnement ou de libération.

Au-delà de la connaissance métaphysique et de l'ignorance qui font également partie du spectacle.

Vous êtes depuis toujours, et à jamais, au-delà de tout.

Il n'y a rien à dire, rien à faire, rien à penser à votre sujet.

Jamais vous n'êtes devenu ignorant.

Jamais vous ne vous êtes libéré.

La beauté.de ceci est au-delà et par delà toute beauté.

Quand, les mots et les pensées sont devenus impuissants, à jamais inexprimables, le Secret suprême de la Vérité est là.

Aussi évident que le soleil en plein jour.

Au terme du chemin, on comprend qu'il n'y a pas de chemin.

Au terme des efforts, on comprend qu'il n'y a pas eu d'effort.

Lorsque l'illusion se dissipe, on sait qu'elle n'a jamais eu de véritable existence.

 

Que devient la flamme sur laquelle on souffle ?

N'y a-t-il pas un mystère dans sa disparition ?

D'où vient la flamme que l'on a vue ?

N'y a-t-il pas un mystère dans son apparition ?

Seul celui qui est au-delà des mots et des pensées pourrait, s'il pouvait parler, dire le pourquoi des choses.

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