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Aperçu des étapes d’une initiation pour la réalisation de la Non-Dualité

Les origines de l’enseignement

L’hindouisme s’enracine dans les Védas qui sont des Écritures révélés transmis d’une manière orale pendant des siècles avant d’être porté à l’écriture.

L’hindouisme n’ayant pas une autorité centrale inhibant les initiatives spirituelles, contiens une multiplicité d’École spirituelle.

Nous transmettons un enseignement conforme à la doctrine de l’École de l’Advaïta-Vedanta. Ou École de la Non-Dualité qui se fonde sur l’exégèse métaphysique et finale (Veda-anta) des Védas.

Cette École spirituelle fut fondée par Sri Bhavapada Shankara (788-820) également appeler Shankarâchârya, c'est-à-dire Maitre Shankâra, ou Adi Shankarâchârya, premier Shankarâchârya, pour le distinguer de la ligne des successeurs qu’il a laissés derrière lui et qui portent également le titre de « Shankarâchârya ».

La structure de l’enseignement que nous dispensons a été approuvée en 1990 par le Jada-Guru Sri Bharati Tirtha, 36° successeur de Sri Shankâra Bhagavatpada au monastère de Sringeri.

Cet enseignement s’enracine dans celui de Sri Bhagavan Ramana Maharshi (1879-1950) qui ouvrit la réalisation de la Non-Dualité a tous, aux occidentaux comme aux orientaux, aux hommes comme aux femmes, a ceux qui renoncent au monde, comme a ceux qui restant dans le monde ont une vie professionnelle et familiale.


Le but

Le but de cet enseignement est l’obtention de la Libération (Mukti).

Pour saisir en quoi consiste la Libération, il faut savoir en quoi consiste l’emprisonnement. L’emprisonnement existentiel réside dans le fait de vivre enfermer et limiter par le corps, l’espace, le temps et les conditionnements du mental. Cet emprisonnement est le propre de toutes les formes de vie, du ver de terre à l’archange.

La Réalisation spirituelle proposée se caractérise par le fait de vivre une Gnose, c'est-à-dire une Connaissance métaphysique libératrice, dans laquelle nous réalisons que nous ne sommes pas le corps physique ni le mental et qu’en conséquence il n’existe aucun emprisonnement pour nous.

La Connaissance métaphysique c’est la Connaissance de l’Absolu (Brahman), car pour l’Advaïta-Vedanta il n’existe qu’un seul et unique Principe. La multiplicité des êtres n’est qu’une apparence, une illusion (mâyâ).

La souffrance psychologique résulte du fait de vivre sous l’emprise de cette illusion en laquelle nous faisons l’expérience de la séparitivité, de la solitude, de la privation, et de la mort.

La fin de la souffrance résulte du fait de vivre, au-delà des apparences humaines, la transcendance immuable et bienheureuse de notre Identité véritable, de notre Soi (Atmâ) qui est de même nature que l’Absolu (Brahman).

Pour se libérer de l’illusion de l’emprisonnement, il faut donc changer de niveau notre « je ». Cesser de s’identifier aux différents composants de l’homme pour nous identifier à l’Absolu qui est le seul existant, car il n’existe qu’un seul et unique Être universel (Sat) dont toutes les formes de vie sont des manifestations particulières.

L’Absolu qui est notre véritable nature n’est pas seulement la Transcendance, il est aussi la totalité des êtres et des mondes, puisqu’il n’existe rien en dehors de Lui. C’est pourquoi la réalisation vécue de notre unité avec l’Absolu n’est d’aucune manière une « fuite hors du monde », puisqu’elle implique d’assumer notre unité avec tous les êtres.

Enfin, au plus haut niveau, ce qu’est l’Absolu et ce que nous sommes en nos Tréfonds est au-delà de l’exprimable, c’est l’Ineffable par delà toutes les formulations conceptuelles.

C’est cet Ineffable que depuis l’aube des temps des hommes ont fait l’expérience et c’est sur lui que ce fonde la cime de l’universalisme spirituel, car rien ne distingue l’Ineffable bouddhiste de l’Ineffable chrétien et musulman et ceci indépendamment des formulations doctrinales qui peuvent enrober ce vécu inexprimable.

Il faut donc tout d’abord travailler pour obtenir la Connaissance intérieure de cet Ineffable, et suite travailler pour introduire au sein de notre vie quotidienne un vécu de plus en plus constant.


La méthode

Nous diffusons une discipline spirituelle (sâdhanâ), une méthode de Réalisation, qui se caractérise par la transmission d’une série d’étapes spécifiques.

Il s’agit d’un système initiatique qui n’est destiné à ne représenter que la spécificité d’un travail spirituel pendant une période limitée de la vie.

Notre enracinement dans la tradition hindoue ne présuppose de notre part aucune tentative de chercher à « convertir » les gens à une quelconque forme de néo-hindouisme, nous transmettons une hiérarchie de pratiques adaptées aux spécificités de chaque personne.

Nous mettons en œuvre une pédagogie interconfessionnelle, dans laquelle chaque croyant est amené à utiliser les techniques de recueillement que nous transmettons sur des thèmes de contemplation qui sont propres à la tradition dont il se réclame.

Quant à ceux qui ne se rattachent à aucune confession, la discipline que nous transmettons s’apparentera à une métapsychologie transpersonnelle.

La transmission de ces étapes se fait d’une manière individuelle, car elle s’adapte à chacun en tenant compte de la spécificité des prédispositions et du travail spirituel qu’ont déjà réalisé certaines personnes.

Pour chaque étape il y a : Communication d’un ensemble de textes. Une pratique spécifique de méditation, un type particulier de prises de conscience à réaliser durant l’accomplissement des activités quotidiennes et des pratiques épisodiques.

La transmission d’une étape constitue un travail spirituel pour une durée de six à douze mois. Au bout de cette période l’analyse des résultats obtenus entraine, le passage à une étape supérieure ou le maintient dans la même étape, avec maintient ou modifications des pratiques spirituelles mises en œuvre.

La transmission individuelle des étapes s’accomplit sous forme d’entretiens particuliers. Lorsque la distance pose problème, certaines étapes peuvent être transmises par téléphone, ou mieux par contact visuel grâce à internet.

Quel que soit le type de transmission, deux contacts par ans seulement sont nécessaires. A défaut un seul contact annuel peut suffire. Nous sommes donc très loin du phénomène d’embrigadement sectaire redouté par certains.

La transmission des étapes initiatiques peut s’accompagner de séminaires de deux jours ou d’une semaine, lorsqu’un groupe de personne souhaite réaliser un travail collectif intense.

L’instructeur, ou l’instructrice qui transmet les étapes n’est un Maitre. Il n’accepte pas de « disciples », c’est simplement un ami qui donne l’aide que peut apporter une personne qui a déjà cheminé sur le Sentier indiqué. Toute l’efficacité de la méthode repose sur votre travail personnel.

L’enseignement est diffusé d’une manière gratuite. Les instructeurs, ou les instructrices devant avoir leur propre source de revenus et ne pouvant faire de la transmission spirituelle un métier. La réception d’une forme de rémunération quelconque ou de cadeaux leur étant interdite.

La seule chose que paye celui qui reçoit la transmission de l’enseignement ce sont les brochures qu’il doit acheter et le remboursement des frais des transports des instructeurs, ou instructrice lorsqu’ils se déplacent pour enseigner et éventuellement une participation à la location du local ou l’on se réunit.

Afin de préserver le principe de gratuité, notre Confrérie s’interdit toute possession foncière. Les transmissions s’effectuant dans des domiciles privés, ou en quelques lieux prêter, ou louer, pour la circonstance.

Cette gratuité, qui est une conséquence de l’amour spirituel a pour objet de réagir contre les infamies du commercialisme spirituel qui sévit a notre époque.

Une formation pédagogique est ouverte aux personnes qui veulent devenir instructeurs, ou instructrices. Cette formation se compose d’une assimilation doctrinale et d’un travail sur les aptitudes rituelles.

Ceux qui le désirent peuvent commencer cette formation avant d’avoir achevé la réception des étapes initiatiques. Mais évidement ils ne pourront exercer leur rôle d’instructeur, ou d’instructrice, qu’après assimilation de la dernière étape de l’initiation.

Aux personnes qui ont achevé la réception de l’initiation peut être fait la position d’enter dans notre Confrérie. L’adhésion à ladite Confrérie présupposant un double engagement : Celui de continuer la pratique de la discipline spirituelle, et celui de participer au Don de l’enseignement.

Bien que la pérennité de cette méthode repose sur les instructeurs et instructrices qui la diffusent, il existe des modalités mineures de participation aux Don de l’enseignement.


Première étape - Le Noviciat

Cette étape se décompose en plusieurs degrés dont le nombre varie selon les besoins du pratiquant, se nomme le Noviciat. Sa structure est conforme à celle de l’asthanga-yoga de sri Patanjali.

Durant le Noviciat, sont transmises sous forme de Règles de vie (Yama Niyama) les bases du contexte dans lequel peut s’effectuer une démarche spirituelle sérieuse.

Des techniques de recueillement permettant l’indispensable maitrise du mental sont transmises (asana, pranayama, pratyâhâra, dhâranâ, dhyâna, samâdhi). Sans cette maitrise la découverte ne notre Identité transcendante qui dépend du développent d’une nouvelle forme de sensibilité intuitive extrêmement subtile que gêne la moindre pensée divergente, la moindre distraction ne peut s’effectuer.

Le but du Noviciat est d’obtenir ce que nous appelons « l’Éveil transcendant ». Cet Éveil consiste à être capable de se sentir exister indépendamment du corps et des pensées.

Le vécu particulier de l’Éveil transcendant est assez facile a obtenir, il suffit d’apprendre a poser son attention dans l’espace, a une faible distance du sommet de la tête et un peut a l’arrière de celle-ci, puis a partit de cette localisation de regarder l’homme vivre.


Deuxième étape - La réalisation de l’illusion phénoménale (Mâyâ-vâda)

Le travail consiste à faire enter dans notre vécu la compréhension de l’illusion phénoménale (maya). Illusion qui découle du fait que le monde que nous percevons est une création des sens interpréter par le mental.

En substituant au concept de « la réalité du monde », le concept de « l’irréalité du monde », nous modifions radicalement notre appréhension de l’existence. L’une des conséquences de cette modification c’est le détachement.

L’exigence du détachement est une caractéristique de toute spiritualité authentique et traditionnelle que précisément veulent éviter les pseudo spiritualité du type « New Âge ».

Il existe deux manières d’obtenir le détachement : par une volonté ascétique qui éradique douloureusement et brime les passions humaines. Ou bien par le changement conceptuel qui est proposé, car on ne s’attache qu’à ce qu’on croit implicitement vrai.

Lorsque cessant de nous identifier à l’homme nous nous situons au niveau de l’Absolu, qui est notre véritable nature, puisque qu’aucune nécessité à manifester le monde ne saurait contraindre l’Absolu, l’existence humaine n’est qu’une distraction, un jeu (Lîlâ), un phantasme gratuit traversant notre Éternité.


Troisième étape - La Gnose transcendante (Brahmajnâna)

La Gnose transcendante s’obtient par un usage systématique de la discrimination (viveka) afin de détruire le concept d’identification au corps et au mental.

Le simple fait d’être capable, en l’Éveil transcendant, de se sentir exister au-delà du corps et du mental, n’a pas détruit les racines du processus mental d’identification égotique qui fabrique l’illusion du moi individuel (ahamkâra).

Il s’agit de parvenir à la conviction profonde et vécue du fait d’être la Conscience universelle et transcendante du Soi (Âtman) qui ne connait ni naissance, ni mort, ni aucune forme d’emprisonnement dans le corps, le temps et l’espace.

La Conscience dont nous parlons ne doit pas être confondue avec la « conscience psychologique ou mentale ». C'est-à-dire avec la conscience de « ceci, ou de cela » qui constitue la seule forme de conscience connue de la philosophie et de la psychologie occidentale.

Cette Conscience, qui est l’espace en lequel surgissent toutes les formes de perceptions, est en elle-même vide de tous contenus. C’est pourquoi elle est dite « pure Conscience » (Chit).

Cette Conscience n’est pas une « conscience personnelle », mais une conscience universelle et transcendante qui en raison de son caractère Omnipénétrant, habite au cœur de toutes les formes de vie et constitue l’identité véritable, le Soi (Atmâ) de chacun.

Notre Identité véritable en tant que Conscience, au-delà de l’homme en ces aspects physiques, psychiques, et spirituels, est de même nature que celle de l’Absolu (Brahman), ou de Dieu, qui est pur Esprit, ou pure Conscience.

Cette Conscience n’est concernée ni par la pureté, ni par l’impureté, ni par aucune forme d’expérience spirituelle, ce qui évidemment inclut l’Éveil transcendant.

Toutes les limitations, tous les conditionnements humains, tous les états psychologiques, toutes les expériences ne sont que des éléments du spectacle que perçoit d’instant en instant notre Conscience.

Cette étape se résume par le vécu de l’affirmation Vedantique : « Je ne suis ni le corps, ni l’énergie vitale, ni le mental, ni l’intellect : je suis le Soi ».


Quatrième étape - La Gnose englobante (Sarvam Brahma jnâna)

Le Réel se compose de deux Principes distinguables, mais non séparables. Comme la flamme et sa clarté. Ces deux Principes sont la Puissance divine, l’Énergie (Shakti) produisant la totalité des apparences phénoménales (maya) et, d’autre part la Conscience universelle et transcendante qui habite la totalité des formes de vie et perçoit les phénomènes engendrés.

Puisque tout est Un, et puisqu’il n’existe qu’une Conscience et qu’une Énergie, nous sommes inséparables de ces deux Principes. Nous sommes la Conscience immuable qui perçoit et la mouvance des phénomènes perçus.

Vivre cela, c’est réaliser notre unité avec tous les êtres. C’est aussi détruire le concept, la croyance, en l’altérité qui nous sépare fictivement du monde et des autres.

La réalisation de cette étape est résumée dans les textes Vedantiques par la phrase : « Tout est mon Soi ».

Cette étape est fondamentalement distincte de la précédente qui établissait une distinction entre « le Soi », c'est-à-dire la pure Conscience, et le non-Soi » » se composant du corps, de l’énergie vitale, du mental, et de l’intellect. Alors que maintenant il s’agit de reconnaitre toute chose perçue comme étant notre Soi.

Si l’enseignement de ces deux étapes n’est pas placé dans leur ordre hiérarchique, certains textes de l’Advaïta-Vedanta paraissent comme un fatras contradictoire dans lequel ayant affirmé que nous sommes distincts de tout, on déclare ensuite que tout est « Nous même ».

Travailler la Gnose englobante sans avoir réalisé la précédente présente des risques de déséquilibre psychologiques, car l’identification à la totalité du cosmos se ferait à partir du moi individuel, ce qui proprement délirant.

Reconnaitre par la compréhension notre unité avec la totalité des phénomènes et des créatures, puis intégrer cette compréhension dans notre vécu quotidien c’est détruire l’idée d’être une petite entité individuelle isolée.

Notre « réalisation spirituelle » devient la réalisation de tous les êtres qui se produira à la fin des temps, puisque tous les êtres sont autant de facettes de notre manifestation énergétique.


Cinquième étape - La suprême Gnose sans concepts (Prajnâ)

Les notions d’illusion, de Gnose transcendante et de Gnose englobante étaient des saisies conceptuelles et des objectivations nous faisant « vivre » ces concepts. Maintenant, il nous faut rejeter, sans aucune concession, tous les concepts que nous pouvons avoir sur le monde, sur nous même, sur la Réalité absolue et sur la spiritualité.

Cette destruction des enrobages conceptuels ne laissant subsister que l’Ineffable et l’Inexprimable.

Une telle destruction conceptuelle si elle se réalisait sans l’obtention du vécu intérieur des étapes précédentes serait purement négative et s’apparenterait à une forme de nihilisme philosophique.

Aborder directement ce niveau sans passer par le travail conceptuel caractérisant les trois étapes précédentes revient à dépasser un intellect qui n’a pas muri.

Le rejet de tous les concepts ne peut porter véritablement tous ces fruits, qu’après usage des concepts libérateurs des trois premières étapes. Si tel n’est pas le cas, si l’on veut passer directement au rejet de tous les concepts, la vie du pratiquant sera soumise a une terrible dichotomie : il vivra un instant dans le rejet de tous les concepts et, l’instant suivant, puisque sa réalisation spirituelle est encore imparfaite, il retombera au niveau le plus bas, celui de la croyance en la réalité du monde et de l’identification au corps et au mental.


Sixième étape - Recherche du vécu constant de la Suprême Gnose (Prajnâ–Nishtha)

Nous devons maintenant rechercher un vécu constant de la suprême Gnose (Prjanâ). Seuls ceux qui parviennent à un vécu constant, vingt-quatre heures sur vingt-quatre étant des « Libérés vivants » (Jivan-Mukti).

Pour parvenir à rendre le vécu Gnostique de plus en plus constant. Nous avons recours à la « discipline de l’attention », car l’attention constitue le leur moyen n’entraimant aucun recours à des concepts.

Souvent les pratiquants découvrent la suprême Gnose en utilisant telle ou telle forme d’attention particulière correspondant à la pratique qui est la leur. Ils sont ainsi amenés à penser que le vécu gnostique constant sera possible par l’installation constante de cette forme d’attention. Cette déduction qui parait évidente est cependant erronée, car le recours à une seule forme, ou orientation de l’attention se révèle inadapté à la diversité des circonstances.

Pour intégrer le vécu de la suprême Gnose dans tous les types de circonstance, il nous faut travailler les formes d’attention suivantes :
Orientation intériorisée de l’attention vers notre Présence, notre Soi.
Orientation extériorisée de l’attention vers la globalité de l’instant présent.
Orientation de l’attention vers autrui.
Orientation de l’attention vers un élément du monde.
Orientation de l’attention vers l’Énergie cosmique.
Orientation de l’attention vers l’Énergie spirituelle.
Orientation de l’attention sur l’activité physique.
Orientation de l’attention sur le corps extérieurement ou intérieurement.
Orientation de l’attention vers les productions mentales involontaires.
Orientation de l’attention sur l’activité intellectuelle.
Orientation de l’attention de l’attention vers la douleur.
Orientation de l’attention vers le plaisir.
Orientation de l’attention vers l’état de rêve et de sommeil profond.
Chaque orientation de l’attention constituant une technique particulière.


Septième étape - L’établissement dans le Soi (Âtma-samstha)

La diversité des formes d’attention, avec leur aspect technique et artificiel, disparait au profit d’une seule forme d’attention qui s’enracine dans notre Soi, notre Âtman.

Cet enracinement s’accompagne d’un vécu béatifique. Or seul ce qui procure du plaisir peut devenir constant.

Le vécu béatifique produit une transmutation de toutes les avidités humaines qui recherchent constamment le plaisir et trouveront l’apaisement dans le Soi lui-même.

C’est également dans cette étape que nous apprenons à vivre en tant que pure Conscience Témoin innaffecté par le spectacle des états de veille et de rêve.


Huitième étape - La Réalité éternelle au-delà de l’Etre et du Non-Etre (Sat Asat Nitya)

Tout ce dont il était question jusqu'à présent était vécu au niveau de la conscience. Il faut maintenant nous enraciner dans ce que nous sommes depuis toujours et à jamais au-delà de la conscience et de l’inconscience, au-delà de l’Etre, dans le Non-Etre.

Le Non-Etre n’est pas un pur néant inexistant. Si le Non-Etre n’était pas, s’il était sans existence, sans Etre, il serait inutile d’en parler. Le Non-Etre c’est la modalité potentielle de l’Etre Manifesté.

Toute forme de vie, tout univers, se caractérise par une Manifestation (Vyâkta) de l’Énergie cosmique (Shakti). Cette Énergie connaissant également l’état de Non-Manifestation (Avyâkta) qui n’est autre que le Non-Etre (Asat).

Ainsi la Réalité du suprême Absolu (Para-Brahman) englobe sa propre existence et celle de Sa Puissance (Shakti), sous ces deux modalités de Non-Etre (Asat), ou Non Manifesté (avyâkta) et de l’Etre (Sat), ou du Manifesté (Vyâkta).

Certains enseignements commettent l’erreur d’imaginer que le Non-Etre se situe au-delà de l’Être de l’Absolu, alors qu’en réalité le Non-Etre précède non pas l’Être Absolu mais l’Etre manifesté. Toute manifestation ne pouvant se produire que si elle s’origine dans une potentialité préexistante, potentialité qui est celle du Non-Etre cosmique.

La fin d’un univers étant le retour des Énergies qui l’ont composé à l’état de Non-Manifestation, de Non-Etre ; et le surgissement d’un nouvel univers étant la Manifestation d’une parcelle des possibilités contenue dans le Non-Manifesté.

S’enraciner dans le Non-Etre c’est se poser « la question des origines », en revenant à ce que nous étions avant la naissance, avant l’apparition du monde.

Cette étape c’est le passage du vécu au niveau de conscience de l’Etre, du Soi universel (Atmâ), au vécu de nos Tréfonds (Para-Atmâ) qui se situent dans les abimes de l’Absolu (Para-Brahman).

Pour cela nous devons dépasser la conscience en évoquant l’inconscience, puis dépasser l’inconscience elle-même, dont nous sommes le Témoin.


Neuvième étape - L’état naturel (Sahaja-Avasthâ)

L’état naturel consiste vivre ce que nous sommes depuis toujours.

Sans effort, sans recherche, sans exercice.

Nous devons apprendre à constater qu’à aucun moment nous ne pouvons cesser d’être CELA.

Nous restons ce que nous sommes depuis toujours et à jamais. Indépendamment des imperfections humaines.

Puisque ces imperfections existent, la pratique continue, car tandis que nous sommes l’Immuable, l’homme, de même que l’ensemble des phénomènes perçus se situe dans le Devenir. Or, dans le Devenir, une évolution infinie est possible.

Cette absence totale de « faire », ce dépassement de la volonté individuelle, cette disparition de la recherche spirituelle, tandis que l’homme continue d’agir, ne sont évidemment possibles que pour ceux qui ont réalisé les étapes précédentes. Ceux qui voudraient aborder directement l’état naturel n’aboutiraient qu’à un état de passivité psychologique, de laisser-aller, spirituellement préjudiciable.

Les caractéristiques de la Libération en la présente vie

Après la transmission de l’État Naturel, il y a une ultime transmission qui n’est pas vraiment une étape. Il s’agit de l’étude de l’ensemble des « signes » caractérisant le vécu authentique de l’État Naturel et de ces conséquences :la Libération en la présente vie.

Si certains de ces « signes » manquent, l’Adepte peut ainsi travailler ce qu’il a insuffisamment assimilé dans les étapes qui lui ont été transmises.

Ces « signes » sont les suivants :
Patience.
Paix profonde.
Incapacité d’attachement.
Sens de l’unité reliant tous les êtres entre eux.
Absence d’extériorité par le vécu que tout ce qui existe se situe en notre Réalité transcendante.
Amour et compassion.
Ne pas être concerné par le Bien ou le Mal dans l’accomplissement du Bien.
Pratique spirituelle sans implication dans cette pratique.
Spontanéité inspirée.
Inexistence de la croyance en une entité pensante.
Absence de pensée derrière la pensée.
Non agir dans l’agir.
Esprit d’enfance.
Maintien du vécu de la suprême Gnose sans effort.

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